Youth for Climate – Le Luxembourg ne va «pas assez vite» sur le climat

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Youth for ClimateLe Luxembourg ne va «pas assez vite» sur le climat

LUXEMBOURG - Ce vendredi, Youth for Climate et les lycéens du Luxembourg manifestent pour le climat. Rendez-vous à 10h devant la gare de la capitale.

La manifestation qui avait réuni 15 000 personnes en 2019 partira de la gare de la capitale (10h) direction le Glacis.

La manifestation qui avait réuni 15 000 personnes en 2019 partira de la gare de la capitale (10h) direction le Glacis.

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En mars 2019, Youth for Climate Luxembourg (YFCL) réunissait 15 000 personnes dans la capitale pour réclamer la neutralité carbone du pays d'ici 2030. Deux ans et demi plus tard, les jeunes retrouvent la rue en ce vendredi matin, pas vraiment convaincus par les avancées réalisées. Le Grand-Duché fait toujours partie, pour sa taille, des pays à l'empreinte écologique la plus lourde.

«Le gouvernement vise une réduction de 55% des émissions d'ici 2030 et la neutralité carbone pour 2050. Mais selon un récent rapport allemand en 2030, le réchauffement aura déjà atteint 1,5 °C», s'alarme Natasha Lepage, de YFCL. Rajeuni, le mouvement pointe des incohérences: «Pourquoi le Luxembourg, avec des Verts au pouvoir n'arrive pas à faire plus vite?». Manque d'ambition? Concessions de coalition? «Un peu des deux», estime Natasha Lepage.

Pas d'excuses

«Des choses ont changé, mais ça ne va pas assez vite. La gratuité des transports c'est bien, c'est un pas, mais il faut aussi qu'ils soient plus efficaces et adaptés aux besoins pour changer les habitudes». Pour elle, le Luxembourg «hyper privilégié» a les moyens et n’a pas d’excuse. «Le Luxembourg, petit pays aux émissions énormes, devrait être l’un des premiers à atteindre la neutralité carbone, estime-t-elle. Car sinon, comment attendre cela de l’Inde et du Bangladesh? La richesse permet d’accélérer la transition».

«Jamais on n'a agi autant que dans ce gouvernement. Nous avons déjà fait plus que ce que prévoyait l'accord de coalition. Comme la taxe CO2», réplique le ministre de l'Énergie, Claude Turmes, pour qui certaines mesures sont «méconnues». «Ce serait arrogant de dire qu’on peut passer, en trois ans, de 18 tonnes de CO2 à une (par personne et par an pour atteindre la neutralité)». S'il espère voir «le plus de jeunes possible» mobilisés ce vendredi, il les invite aussi à faire le choix de carrière en ce sens. «J'ai besoin de jeunes qui installent des panneaux voltaïques, des chargeurs de batteries...».

«Il n'y a pas d'actions»

Les Verts sont-ils muselés et devraient-ils sortir de la coalition? «C'est mieux qu'il y en ait au gouvernement», lance la porte-parole de Youth For Climate Luxembourg, «mais à chaque fois c'est le même scénario. On nous dit "oui oui nous sommes du même avis que vous". À la tribune, les élus verts racontent qu'ils ont parlé avec les jeunes. Mais derrière, il n'y a pas d'actions».

Les organisateurs attendent «1 000 personnes» ce vendredi. Mais espèrent bien plus. Ils réclameront aussi la fin des investissements, via les banques et entreprises du pays opérant dansle secteur des énergies fossiles et une solidarité internationale et intergénérationnelle sur le thème du climat. Et ils répondent à ceux qui accusent les jeunes de profiter de la manif pour sécher les cours. «C’est triste de penser cela. Je suis en terminale, j’ai le bac cet été. Rater des cours, c’est se tirer une balle dans le pied. Je devrai les rattraper chez moi», clarifie Natasha.

(Nicolas Martin/ L'essentiel)

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