Guerre en Ukraine: Le Luxembourg ne va pas bannir les touristes russes

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Guerre en UkraineLe Luxembourg ne va pas bannir les touristes russes

LUXEMBOURG – Le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, refuse de «punir» les citoyens russes pour la «guerre de Poutine», tout en invitant l'Union européenne à «garder le cap» sur les sanctions économiques.

par
Thomas Holzer
20220706, Luxembourg, Ministère des Affaires étrangères et européennes (Bâtiment Mansfeld), Rue du Palais de Justice 9, Signature du Pacte national «Entreprises et droits de l’homme», Foto: Editpress/Fabrizio Pizzolante

Jean Asselborn a largement évoqué l'Ukraine, lors du point presse de mardi.

Editpress/Fabrizio Pizzolante

Plus de six mois après le déclenchement de l'invasion russe en Ukraine, les 27 continuent de discuter de nouvelles sanctions à imposer à la Russie. Parmi les sujets centraux, la possibilité d'interdire les touristes russes de voyage dans l'Union européenne ne fait pas consensus. Si les pays baltes ont, par exemple, décidé de bloquer l'octroi de visas aux citoyens de nationalité russe, le Luxembourg ne suivra pas cette voie.

«Le Grand-Duché considère qu'ils doivent pouvoir continuer à voyager. Nous avons 2 000 citoyens russes sur notre territoire qui ont des parents et des enfants d'un côté comme de l'autre», a justifié le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn lors d'un point presse organisé mardi à Luxembourg, jugeant «pas positive» la position offensive de certains pays de l'UE vis-à-vis des touristes russes.

«Il faut garder une porte ouverte pour le peuple russe, qui n'est pas responsable de tout ce que fait Poutine (…) La Russie est une dictature. Nous ne pouvons pas punir les Russes, car ils n'ont pas les moyens de s'exprimer contre cette politique d'agression», juge le chef de la diplomatie luxembourgeoise.

Concernant les sanctions économiques, Jean Asselborn invite en revanche l'Union européenne à «garder le cap»: «Tous les partis d'extrême droite en Europe, qu'il s'agisse de Marine Le Pen en France, Matteo Salvini en Italie ou l'AFD en Allemagne disent qu'il faut arrêter les sanctions et revenir à la situation d'avant le 24 février. C'est archifaux!».

«Retirer les moyens à Poutine de continuer cette guerre»

Jean Asselborn

Quant aux critiques d'une partie de l'opinion sur le fait que la Russie résiste bien mieux que prévu aux mesures coercitives, le ministre LSAP se montre nuancé: «Oui Poutine a plus d'argent dans sa caisse que l'année passée, malgré la réduction des ventes de gaz. Cela est lié à l'augmentation du prix. Mais il y a d'autres facteurs: l'innovation, l'automatisation ou encore la digitalisation vont stagner et les Russes seront dans une situation très désavantageuse».

Et le ministre des Affaires étrangères de lister les signes de ralentissement de l'économie russe: «La production de voitures a chuté de 66%, celle d'acier de 10% et celle de textile de 7%. Sans oublier la flotte d'avions russes dont la révision dépend totalement des pays occidentaux (…) On ne veut pas casser l'économie russe, mais retirer les moyens à Poutine de continuer cette guerre».

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