Financial Secrecy Index – Le Luxembourg «ne voit pas le mal de l'offshore»

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Financial Secrecy IndexLe Luxembourg «ne voit pas le mal de l'offshore»

LUXEMBOURG - Le Grand-Duché a grimpé d'un rang à l'index du secret bancaire 2013 établi par le Tax Justice Network, faisant du pays l'un de ceux où l'évasion fiscale est la plus simple.

L’ASBL d’origine belge Tax Justice Network a publié ce jeudi son rapport 2013 de l’Index du secret bancaire (Financial Secrecy Index, FSI), qui liste 82 places financières qui proposent la meilleure discrétion à leurs clients par rapport à leur poids dans la finance. Le but étant de proposer un listing des pays où l’évasion fiscale est la plus aisée. Le Luxembourg y est placé à la deuxième position pour 2013, derrière la Suisse. Le Grand-Duché grimpe donc d’un rang et prend ainsi la place des îles Caïmans, qui passe 4e, derrière Hong Kong. L’Allemagne est 8e et la Belgique 40e.

La place du Grand-Duché dans ce classement est le résultat de l'association entre sa grande discrétion dans le domaine de la finance, et son marché, jugé «énorme». Si le Luxembourg a fait des efforts (notamment avec l’annonce de la fin du secret bancaire), «l’indice du Luxembourg est complètement mérité», indique le rapport qui dénote que «sa stabilité politique, sa neutralité et sa position au cœur de l’Europe» lui permettent de rester en dehors des listes noires des paradis fiscaux.

De «nombreux exemples de défauts»

«Sa stabilité vient aussi du CSV qui a supporté fortement pendant un demi-siècle l’orientation "offshore" de la finance luxembourgeoise». En outre, l’économie peut profiter du «développement d’une industrie basée sur la finance islamique» et l’arrivée de banques chinoises, quittant le marché londonien.

Enfin, l’ONG indique que sa base de données a de «nombreux exemples de défauts dans l’appareil de supervision du Luxembourg», qui ferme les yeux et «ne voit pas le mal» du modèle offshore. «Le Luxembourg a également été impliqué dans des fraudes majeures et les régulateurs (...) ferment les yeux», aidés par un système «laxiste». Avec une économie plus petite mais encore plus discrète, la Suisse est donc le seul pays à se classer largement devant le Luxembourg, selon ce rapport.

«British Connection»

Le Tax Justice Network s’inquiète surtout de voir une «British Connection» apparaître au sein de leur classement. En effet, outre le Royaume-Uni (21e), l’ONG a mis en évidence 21 liens avec la Couronne britannique, comme les îles Caïmans (4e) ou l’île de Jersey (9e). «Les territoires britanniques représentent du tiers à la moitié du marché global financier offshore. Dix places financières de notre liste sont des dépendances de la Couronne ou des territoires d’outre-mer qui sont en partie contrôlés ou appuyés par le Royaume-Uni», explique l’organisation qui atteste que la présence britannique est toujours élevée dans les paradis fiscaux, contrairement aux affirmations récentes du Premier ministre, David Cameron. John Christensen, directeur de l’ONG et ancien conseiller économique de Jersey, a envoyé une lettre publique à la reine pour l’informer de la situation.

La méthodologie de la TJN mélange les informations récoltées sur la transparence demandée aux propriétaires de comptes bancaires, les accords de coopération judiciaires en matière de finance ou encore les faveurs accordées à travers les taxes et réglementations. Le prochain rapport est prévu en 2015.

(Jonathan Vaucher/L'essentiel Online)

Réaction de Luxembourg For Finance

«Les critères utilisés par l'organisation Tax Justice Network sont ambiguës et imprécis, ce qui entraine des conclusions erronées qui ne sont plus valables à ce jour, indique l'agence de développement du secteur financier, contactée par L'essentiel Online. En tant que Membre de l'Union Européenne, le cadre juridique et réglementaire de Luxembourg est en conformité avec les directives européennes en vigueur et les standards de l'OCDE.» Le rapport de la TJN mettait notamment en cause le laxisme de la loi et la non-conformité aux réglementations de l'UE.

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