Un plan ambitieux – Le Luxembourg passe la seconde pour le climat
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Un plan ambitieuxLe Luxembourg passe la seconde pour le climat

LUXEMBOURG - Comment atteindre la neutralité climatique en 2050? Malgré la morosité mondiale, le pays avance ses pions et sa stratégie.

La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, a présenté les objectifs du plan climat.

La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, a présenté les objectifs du plan climat.

Editpress/Fabrizio Pizzolante

Elles ont augmenté entre 2016 et 2019 au Luxembourg, diminué en 2020 pour sans doute croître à nouveau cette année. Les émissions de CO2, cheval de bataille de la lutte pour le climat et au cœur de la surenchère des objectifs. Pourtant, alors même que, ces derniers jours, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a mis en garde contre un niveau jamais atteint d’émissions au niveau mondial en 2023, le Grand-Duché continue d’avancer ses pions pour faire figure d’exemple.

Jeudi matin, la ministre de l’Environnement et du Climat, Carole Dieschbourg (Déi Gréng), a présenté les ambitions qui découlent de la loi modifiée du 15 décembre 2020 et des échanges autour du «Plan national intégré en matière d’énergie et de climat» (PNEC). Des ambitions précises, chiffrées et ambitieuses. Pour résumer, le pays veut réduire de 51% les émissions en 2030 par rapport à 2019. Ce qui correspondrait à 55% de réduction par rapport aux émissions de CO2 en 2005.

Plan construit sur des analyses détaillées

Cinq secteurs sont particulièrement visés pour atteindre l’objectif. Parmi eux, le plus responsable et polluant reste le parc de bâtiments résidentiels et tertiaires, appelé à réduire progressivement de 64% ses émissions à travers la rénovation, la performance énergétique et de nouvelles normes. L’industrie, elle, devra décarboner pour afficher une baisse de 52% d’ici neuf ans. L'objectif est de 50% pour les transports, 44% pour le traitement des déchets et eaux usées, et 27% pour les agriculteurs et sylviculteurs.

«Ces potentiels de réduction ont fait l’objet d’analyses détaillées», a commenté Carole Dieschbourg, parlant d’objectifs réalistes. Mais comment? Grâce à une politique fiscale ciblée, le pacte climat avec les communes, l’activation d’une transition claire interministérielle, le paquet mis sur la recherche et l’innovation… répond le ministère qui réalisera un bilan provisoire global et pour chaque secteur tous les ans. Dans le même temps, un quart de l’énergie devra provenir du renouvelable en 2030, tout cela devant permettre au Luxembourg d’atteindre, en 2050, la neutralité climatique.

Reste que des petits aménagements sont prévus. Si l’un des secteurs n’atteint pas sa quantité d’émissions disponible sur l’année, le crédit peut être porté à un autre secteur moins bon élève. «Sous réserve que les objectifs nationaux soient atteints», relativise le ministère de l’Environnement. Il faut aussi noter qu’en raison d’un système communautaire d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre, une vingtaine de grandes installations industrielles et l’aviation sont exclues de cet objectif pour 2030.

(nc/L'essentiel)

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