Armée – Le Luxembourg prêt à intervenir au Mozambique

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ArméeLe Luxembourg prêt à intervenir au Mozambique

LUXEMBOURG - Le Luxembourg soutient l'idée d'une mission européenne d'entraînement des forces armées mozambicaines pour lutter contre l’insurrection jihadiste.

Le nord du Mozambique subit une insurrection jihadiste avec des conséquences graves sur le plan humanitaire.

Le nord du Mozambique subit une insurrection jihadiste avec des conséquences graves sur le plan humanitaire.

AFP/John Wessels

Mali, Burkina Faso, Nigéria, Somalie, les foyers jihadistes se multiplient en Afrique depuis plusieurs années, au point de faire craindre à certains experts une contagion à tout le continent dans les années futures. Au Mozambique, la situation s'est particulièrement dégradée dans la région pauvre et à majorité musulmane du Cabo Delgado.

Selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), 800 000 personnes ont fui les violences des groupes armés connus localement sous le nom d'«Al-Shabab» («les jeunes» en arabe), qui ont déjà fait 2 800 morts depuis 2017. La prise de la ville portuaire de Palma, haut lieu stratégique du commerce maritime mondial, a récemment mis en lumière le danger de cette insurrection.

Une mission de formation de l’Union européenne, de type EUTM (EU Training Mission), est actuellement discutée en Europe suite aux sollicitations du Mozambique qui souhaite «former ses forces armées».

«Prévenir une crise humanitaire plus grave encore»

Emmenée par le Portugal (NDLR: le Mozambique est une ancienne colonie portugaise), qui a déjà annoncé vouloir déployer 60 soldats, la création de cette mission est soutenue par le Luxembourg, indique le ministère de la Défense à L'essentiel.

«Toute nouvelle flambée de violence risque de déstabiliser davantage le pays et la région. Il faut à tout prix éviter une telle déstabilisation pour prévenir une crise humanitaire plus grave encore» justifie le ministère, qui précise que l'intervention en question se focaliserait sur «la protection des civils, le plein respect des droits humains et du droit international humanitaire, avec une attention particulière portée à la protection des enfants».

«Il n’est pas prévu que le mandat inclue la participation à des opérations de combat», précise le ministère, sans communiquer le nombre de soldats potentiellement déployés.

«Une logique interventionniste et néocoloniale»

Sur le plan politique, l'idée de cette intervention a été particulièrement critiquée par le parti déi Lénk, qui dénonce «une logique interventionniste et néocoloniale complètement inacceptable. Ce genre d'interventions commence très souvent par des missions d'entraînement, plus acceptables pour l'opinion publique, juste pour être discrètement renforcées et étendues par la suite».

Le parti de gauche luxembourgeois craint que le Luxembourg n'intervienne en réalité que pour «défendre les énergies fossiles et les intérêts du grand capital». Rappelons que le groupe pétrolier français Total avait dû suspendre son projet gazier dans le nord-est du Mozambique en raison de l'attaque de la ville de Palma.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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