Congrès de tabacologie – Le Luxembourg serait un «dealer» de cigarettes

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Congrès de tabacologieLe Luxembourg serait un «dealer» de cigarettes

NANCY - Réunis à Nancy pour le Congrès européen de tabacologie, les
pneumologues ont pointé le Luxembourg du doigt.

Le Luxembourg a pris beaucoup de retard dans sa politique antitabac. Au grand dam de ceux qui luttent contre le tabac.

Le Luxembourg a pris beaucoup de retard dans sa politique antitabac. Au grand dam de ceux qui luttent contre le tabac.

AFP

Président du Comité national contre le tabagisme, le Français Yves Martinet est de loin le pneumologue le plus virulent à l'égard du Grand-Duché. «Le Luxembourg est un dealer. Je ne vois pas d'autre mot pour qualifier la position de ce pays qui casse la politique de santé menée en France», a-t-il confié à l'issue du Congrès européen de tabacologie, à Nancy, où le Grand-Duché était représenté par son ministère de la Santé.

Le Luxembourg est non seulement l'un des pays européens où le prix du tabac est le moins cher, mais il est aussi l'un des États de l'Union européenne où la loi antitabac est l'une des plus laxistes. Ces deux facteurs sont stigmatisés par le Dr Martinet, pneumologue au CHU de Nancy. «Un fumeur dépense de 150 à 200 euros au bureau de tabac. On voit aujourd'hui des gens acheter au Luxembourg de gros pots de tabac à rouler. Leurs dépenses tombent à 20 ou 30 euros par mois!», s'inquiète-t-il.

Dimanche, le ministre luxembourgeois de la Santé, Mars Di Bartolomeo, ne pouvait être joint pour réagir à ces accusations. Ce n'est pas la première fois que le Luxembourg est ainsi mis en cause pour sa politique à l'égard du tabac. «En étant un paradis pour les fumeurs, nous exportons le cancer», déplore régulièrement Marie-Paule Prost-Heinisch, présidente de la Fondation cancer. Pour lutter efficacement contre la consommation de tabac, elle réclame une législation, une hausse des prix et de la prévention. «On attend par exemple l'interdiction totale dans les bars». Celle-ci devrait intervenir, selon le ministère de la Santé, début 2012.

Patrick Théry

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