Ecoles – Le Luxembourg va limiter la viande dans les cantines
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ÉcolesLe Luxembourg va limiter la viande dans les cantines

LUXEMBOURG - Le service étatique de restauration scolaire a décidé de réduire la quantité de viande proposée. Une question «d'équilibre alimentaire» mais aussi de développement durable.

Les élèves se voient déjà proposer un plat végétarien chaque jour à la cantine.

Les élèves se voient déjà proposer un plat végétarien chaque jour à la cantine.

Editpress

La polémique sur la suppression de la viande dans les cantines scolaires lyonnaises fait rage en France. Le Luxembourg a visiblement décidé d'emprunter un chemin similaire. «Mais de manière moins catégorique», glisse Monique Ludovicy, responsable de Restopolis, le service étatique de la restauration scolaire au Grand-Duché. «Nous sommes en train de travailler sur un concept afin de réduire la consommation de viande dans les cantines scolaires», annonce-t-elle à L'essentiel.

«Quelques semaines» de discussions seront nécessaires pour mettre en place les contours de cette décision prise le week-end dernier. «Il ne s'agit pas d'une interdiction, mais d'une éducation à l'alimentation équilibrée. Rappelons que si les élèves ne sont pas satisfaits des repas, ils peuvent choisir d'aller manger au kebab ou au fast-food. Ce n'est pas l'objectif», explique la responsable.

Si le ministère de l'Éducation nationale a choisi cette voie, c'est en grande partie pour des raisons écologiques. «La prise de conscience a débuté avant la crise sanitaire, mais les récentes difficultés ont montré la nécessité de se réinventer», poursuit Monique Ludovicy, qui veut s'appuyer sur la réceptivité des plus jeunes à ces nouveaux enjeux. «Nous constatons que les plats végétariens proposés chaque jour sont de plus en plus demandés».

«Moins d'importation de viande, c'est moins de problèmes»

Cette volonté du Luxembourg de limiter la viande dans les menus proposés s'accompagnera d'un nouveau coup de pouce au bio local. Quid des producteurs locaux de viande qui pourraient se sentir lésés concernant leur activité? Monique Ludovicy préfère voir le verre à moitié plein et l'opportunité d'être «autosuffisant».

«Peut-être qu'ils seront satisfaits car nous aurons moins besoin d'importer de la viande comme nous le faisons actuellement. Il y avait de toute façon un déficit sur le marché local en termes de quantité et de diversité. Moins d'importation, c'est moins de problèmes de logistique, moins de risques d'importer le virus aussi», justifie-t-elle.

Le Luxembourg demeure un gros consommateur de viande. D’après une récente étude TNS-Ilres, huit résidents sur dix en consomment régulièrement. Malgré le développement des régimes alternatifs (flexitariens, végétariens, vegan), un résident consomme en moyenne plus de 80 kilos de viande par an. Un chiffre au-dessus de la moyenne de l'OCDE (70 kilos/habitant et par an).

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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