Projet au Luxembourg – «Le luxembourgeois a un déficit de statut»

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Projet au Luxembourg«Le luxembourgeois a un déficit de statut»

LUXEMBOURG - Marc Barthelemy, nouveau commissaire à la langue luxembourgeoise, livre ses pistes de réflexions à «L'essentiel». La priorité? L'enseignement.

L'offre de cours de luxembourgeois pour adultes est insuffisante.

L'offre de cours de luxembourgeois pour adultes est insuffisante.

Editpress/Fpizzolante

Nommé en octobre dernier au tout nouveau poste de commissaire à la langue luxembourgeoise, Marc Barthelemy a détaillé à L'essentiel les principales pistes qu'il s'apprête à livrer au gouvernement à l'automne prochain. Un défi immense pour une langue «en déficit de statut», notamment au niveau de l'Union européenne. «Le luxembourgeois ne fait pas partie des langues officielles. Cela complique la donne lorsqu'il s'agit d'obtenir un financement pour des études par exemple», explique-t-il.

Avant cela, il apparaît urgent de fixer des règles concernant l'écriture du luxembourgeois. «Il faut un dictionnaire plus complet, mais également une grammaire approfondie. Un département de l'Université du Luxembourg planche actuellement sur le sujet».

Le «gros problème» de l'enseignement

La principale problématique concerne toutefois l'enseignement de la langue. «Un gros problème», d'après Marc Barthelemy. Dans un contexte de forte dynamique sur le marché de l'emploi, de plus en plus de résidents étrangers cherchent à apprendre le luxembourgeois. Et l'offre en la matière arrive à saturation. «Beaucoup d'adultes s'inscrivent dans des cours, et il n'est pas facile de répondre à la demande», reconnaît l'ancien professeur.

Le ministère de l'Éducation nationale, lui-même, évoque «l'urgence de réaliser un état des lieux de la demande et de l'offre des cours pour adultes». Au cœur du problème, un manque d'enseignants, d'infrastructures, mais également une offre de cours pas assez diversifiée. «Tout le monde se retrouve dans les mêmes cours, sans que l'on tienne compte des différences de niveau ou encore de l'origine linguistique des apprenants», conclut le commissaire à la langue.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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