Au Luxembourg – «Le luxembourgeois n’a pas de mot pour féminicide»

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Au Luxembourg«Le luxembourgeois n’a pas de mot pour féminicide»

LUXEMBOURG - Le collectif Collages féminicides sort la nuit pour tapisser les murs des rues de la capitale, afin de dénoncer le manque de chiffres sur ces meurtres.

«Les rues ne sont pas sûres pour les femmes, elles s’y font harceler. Nous sortons la nuit pour nous réapproprier des rues et faire passer notre message. C’est symbolique», raconte celle qui a lancé le collectif Collages féminicides, préférant garder l’anonymat.

Inspirée des affiches dénonçant le manque de chiffres sur les meurtres de femmes vues à Paris, elle a décidé de s’emparer des murs de la capitale luxembourgeoise et délaisser des messages tels que «Féminicides, où sont les chiffres?», «La rue est à nous» et «Pas une de plus». Elles sont dix actives, et c’est par groupes de trois ou quatre qu’elles choisissent les endroits. «Nous visons des lieux très fréquentés, comme le quartier de la Gare». Il est à noter que les féminicides, meurtres de femmes en raison de leur sexe, ne sont pas classifiés en tant que tels par la police. «Le luxembourgeois n’a même pas de mot pour féminicide, alors qu’il s’agit de violences de sang-froid. Les catégoriser en tant que féminicides, c’est apporter de la visibilité sur la problématique».

Ce jeudi matin, le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes fera le point sur les violences domestiques en 2019. «On a enregistré une tendance à la hausse de janvier à début juin 2020, par rapport aux chiffres d’expulsion de 2019», a précisé à L’essentiel Olga Strasser, du Service d’assistance aux victimes de la violence domestique. «Le lien entre cette hausse et les effets du confinement reste encore à déterminer».

(Ana Martins/L'essentiel)

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