Langue au Luxembourg – Le luxembourgeois «risque de disparaître»
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Langue au LuxembourgLe luxembourgeois «risque de disparaître»

LUXEMBOURG – Le thème de l’usage du luxembourgeois dans le monde du travail s’invite à la Chambre ce mardi, avec une question posée au gouvernement.

Trop peu de salariés utilisent le luxembourgeois au quotidien, selon Fred Keup.

Trop peu de salariés utilisent le luxembourgeois au quotidien, selon Fred Keup.

Vincent Lescaut

La place du luxembourgeois fera l’objet d’une discussion mardi, à la Chambre des députés. «Il faut procéder à une analyse sereine de la situation et reconnaître que notre langue est de moins en moins utilisée sur le marché du travail», déplore le député Fred Keup (ADR), qui posera la question élargie au gouvernement. Selon lui, «la langue risque de disparaître» au travail, à force de voir son usage diminuer.

La connaissance de la langue nationale est requise dans 35% des postes vacants proposés par l’Adem, avait indiqué le gouvernement l’été dernier. Un chiffre stable depuis 2015. Le luxembourgeois est utilisé par 48% des salariés au travail, selon le Statec, mais cela cache de grandes disparités. La pratique est quasi inexistante dans de nombreuses professions, constate le linguiste Jérôme Lulling: «Beaucoup de mes élèves regrettent de ne pas avoir l’occasion de pratiquer le luxembourgeois, sauf s’ils ont des enfants ou dans des associations». Il explique cependant recevoir des demandes de cours de la part de salariés «de l’enseignement, des crèches ou du soin à la personne».

L’usage est faible dans les professions «où les salariés viennent du monde entier», explique Fred Keup. La langue est peu utilisée dans la finance (28% des salariés) et la construction (23%), alors qu'elle est très majoritaire dans l'enseignement (75%), selon le Statec. «Il faut être réaliste, nous n’allons pas forcer tout le monde à apprendre le luxembourgeois. Mais il est possible de faire un effort pour conserver notre langue dans les commerces ou les hôpitaux, par exemple». Il demande «une campagne de promotion» et davantage de cours, qui pourraient être obligatoires dans certains secteurs. Jérôme Lulling prône de son côté «le développement d’outils modernes, comme des assistants vocaux en luxembourgeois».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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