Consommation de cannabis – Le malaise plane toujours autour de la dépénalisation

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Consommation de cannabisLe malaise plane toujours autour de la dépénalisation

LUXEMBOURG - Les propos tenus jeudi par le directeur du Centre de prévention des toxicomanies (CePT) sur le besoin de changement de modèle pour les consommateurs de cannabis ravive un débat gênant…

Pour le moment, Félix Braz, ministre de la Justice (Déi Gréng), et Lydia Mutsch, ministre de la Santé (LSAP), discutent de la question de la consommation de cannabis.

Pour le moment, Félix Braz, ministre de la Justice (Déi Gréng), et Lydia Mutsch, ministre de la Santé (LSAP), discutent de la question de la consommation de cannabis.

Editpress

L'appel à «une dépénalisation», mais pas à «une légalisation complète» de la consommation de cannabis au Luxembourg, lancé jeudi par Jean-Paul Nilles, directeur du CePT, vient jeter un nouveau pavé dans la mare. Selon le spécialiste, «il faut encore définir le modèle luxembourgeois» du fait que «la politique répressive actuellement ne fonctionne pas». Une prise de position en faveur d'un changement de perspective sur cette question qui avait déjà mis le gouvernement mal à l'aise juste avant les vacances.

Réfutant une proposition des Jonk Démokraten, les jeunes du parti libéral, qui proposaient une légalisation pure et simple de la marijuana «pour usage personnel et médical», le ministre de la Justice, Félix Braz (Déi Gréng) avait alors botté en touche. Mettant en avant principalement «l'aspect sanitaire», le ministre - dont le parti est pourtant clairement favorable à la fin des sanctions contre les consommateurs - assurait travailler en collaboration avec son homologue de la Santé sur cette thématique.

«Question précise pas écrite dans le programme de coalition»

Le ministère de la Santé, contacté vendredi, précise que «seule la ministre peut apporter des précisions sur cette question». Le ministère de la Justice, lui, n'était pas joignable ce vendredi matin pour évoquer cette question. Une prudence qui pourrait indiquer le niveau de sensibilité politique de cette question au sein de la coalition. Une position déjà adoptée par Félix Braz au mois d'août dernier, où le ministre indiquait que pour lui «seul compte l'accord de coalition». Un document qui évoque «une nouvelle stratégie de prévention de la consommation, d’information et de responsabilisation [qui] sera au centre de la politique gouvernementale. (…) Le gouvernement examinera les dispositifs juridiques existants pour analyser quelles mesures permettront une politique plus efficace en la matière».

Une reconnaissance implicite de l'échec de la politique répressive actuellement en vigueur, également dénoncée par Jean-Paul Nilles, directeur du CePT. Cependant, le gouvernement n'a pas prévu de lancer un débat sur une éventuelle dépénalisation, comme le confirme vendredi le Premier ministre Xavier Bettel, auprès de L'essentiel. «Cette question avait été abordée lors des négociations de coalition et n'a pas été retenue. Le gouvernement étudie les différentes possibilités pour apporter une réponse à cette problématique, mais le nombre d'études sur la question et leurs conclusions divergent, alors mêmes qu'elles émanent de spécialistes.»

(Jmh/L'essentiel)

La consommation au Luxembourg

Pour rappel, le cannabis reste de loin la drogue la plus consommée au monde. 180,6 millions de personnes (3,9% de la population mondiale) en consommeraient. Soit plus de 20 000 fumeurs pour le Luxembourg, où le cannabis n'est pas dépénalisé mais décriminalisé. Aucune peine d’emprisonnement n’est prévue pour la consommation simple ou la détention pour usage personnel de cannabis. Si une personne est arrêtée en possession de cannabis, et si c'est seulement pour sa consommation personnelle, elle encourt une amende allant de 250 à 2 500 euros.

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