Vendanges mosellanes – «Le millésime 2020 sera fantastique»

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Vendanges mosellanes«Le millésime 2020 sera fantastique»

SCHENGEN – Dans le sud-est du pays, les vendanges battent leur plein et les viticulteurs sont optimistes, en dépit de la sécheresse et du coronavirus.

Ils étaient des dizaines de vendangeurs à s'affairer ce mardi, dans les vignobles de Schengen, pour récolter le raisin d'un millésime qui s'annonce d'ores et déjà prometteur. «La qualité de cette année est fantastique dans toute la Moselle», affirme avec optimisme Joey Gloden, président des Domaines Vinsmoselle. Les températures élevées et un ensoleillement important ont permis au raisin d'arriver à maturité dans d'excellentes conditions.

Le fait que la quantité en 2020 soit nettement inférieure à celle des années précédentes ne pose pas de problème. «Nous prévoyons environ 30% de vin en moins cette année que d'habitude. Au total, nous produirons neuf à dix millions de litres. Les caves des vignerons sont de toute façon encore pleines», comme l'explique André Mehlen de l'Institut viti-vinicole (IVV). Les excédents proviennent de l'année dernière. En raison de la crise du coronavirus et de ses conséquences, de nombreux vignerons n'ont pas réussi à écouler leurs stocks. Et pour cause: les restaurants sont restés fermés durant des semaines, les foires au vin ont été annulées, les fêtes privées étaient beaucoup moins nombreuses. «Par rapport aux autres années, les viticulteurs n'ont pu vendre que la moitié de leur production au cours de l'exercice écoulé».

Des conditions météorologiques extrêmes de plus en plus fréquentes

Selon M. Mehlens, le faible rendement est dû à la sécheresse. «Il y a eu des périodes récurrentes sans une goutte de pluie. La fin de l'été et le début de l'automne ont également été très secs», dit-il. Les changements climatiques des dernières années ont rendu le travail des viticulteurs imprévisible. «Nous avons des conditions météorologiques extrêmes de plus en plus fréquentes», ajoute-t-il.

Un printemps relativement chaud peut notamment soudainement être interrompu par le gel qui détruit une partie des cultures. Les épisodes de sécheresse sont de plus en plus longs. Mais il y a également des périodes de fortes pluies. Si ce climat devenait la norme, les viticulteurs devraient se tourner vers des vignes qui sont ordinairement plutôt utilisées dans les pays de l'hémisphère sud.

«Plan B» pour les vendanges

Trouver des vendangeurs n'a, en revanche, pas été un problème, en dépit de la crise du coronavirus. «Nous avons, comme à l'accoutumée, pu faire appel à de la main-d’œuvre venue d'Europe de l'Est», explique M. Mehlen. Les vignerons de la Moselle avaient de toute façon songé à un plan B: «Si cela n'avait pas fonctionné, 300 chômeurs de l'Adem se tenaient à notre disponibilité pour nous prêter main forte», dit-il.

Le Premier ministre, Xavier Bettel, et le ministre de l'Agriculture, Romain Schneider, étaient également invités mardi, pour assister aux vendanges à Schengen. Comme l'a souligné le Premier ministre, il est extrêmement important pour les viticulteurs de susciter l'intérêt de la prochaine génération pour la profession. M. Bettel a toujours été impliqué dans la viticulture, car il est lui-même fils de négociant en vins. «Autrefois, je livrais plus de vin que je n'en buvais. Depuis, cette tendance s'est inversée», a-t-il conclu.

(Sebastian Weisbrodt/L'essentiel)

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