Politique en Italie – Le ministre accusé de corruption démissionne
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Politique en ItalieLe ministre accusé de corruption démissionne

Maurizio Lupi, en charge des Infrastructures, a annoncé jeudi soir qu'il allait remettre sa démission. Il était au coeur d'un scandale depuis plusieurs jours.

Empêtré dans une affaire de corruption, le ministre des Infrastructures Maurizio Lupi (à gauche) n'a pu garder son poste.

Empêtré dans une affaire de corruption, le ministre des Infrastructures Maurizio Lupi (à gauche) n'a pu garder son poste.

AFP/Andreas Solaro

Le ministre italien des Transports et des Infrastructures, Maurizio Lupi, a annoncé jeudi soir à la télévision qu'il allait remettre sa démission, vendredi, à la suite d'une nouvelle affaire de corruption dans les travaux publics. «Demain (vendredi...), je vais remettre ma démission», a déclaré le ministre soupçonné d'avoir obtenu des faveurs pour son fils d'un proche impliqué dans un vaste système de marchés truqués, selon le compte Twitter de l'émission de télévision qui doit être diffusée dans la soirée. Il a auparavant promis de s'expliquer devant les députés sur les faits qui lui sont reprochés.

La pression montait depuis plusieurs jours sur le ministre, après l'arrestation de quatre personnes soupçonnées d'avoir truqué les appels d'offres sur de très nombreux chantiers publics. Plusieurs des suspects arrêtés ont été proches de M. Lupi. L'un d'eux est soupçonné d'avoir offert une montre Rolex à Luca Lupi, fils du ministre, et d'avoir, à la demande du père, trouvé un emploi à ce jeune ingénieur de formation. Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, n'a officiellement pas réagi à cette affaire qui éclabousse son gouvernement et son ministre, l'un des principaux représentants du Nouveau centre droit (NCD), le petit parti de droite allié au Parti démocrate (centre-gauche). Selon la presse italienne, il réclamait la démission au plus vite de M. Lupi, mais le principal responsable du NCD, le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano, n'y était pas favorable. «Renzi ne m'a jamais demandé de démissionner», a assuré M. Lupi dans l'émission de télévision «Porta a porta», une institution en Italie, en ajoutant qu'il ne comptait pas se retirer de la politique mais juste «renforcer l'action du gouvernement».

Il a répété ne jamais avoir reçu de «faveurs» dans l'exercice de ses fonctions. Mardi, il avait assuré au quotidien La Repubblica ne jamais avoir demandé de faveurs pour son fils, mais le même journal avait affirmé jeudi que les écoutes téléphoniques menées dans le cadre de l'enquête prouvaient le contraire. Selon ces écoutes, le ministre a demandé à Ercole Incalza, alors chef du département supervisant les grands travaux publics au ministère des Infrastructures, de rencontrer son fils. M. Incalza, soupçonné d'être au centre de l'affaire de corruption, s'est exécuté et a appelé Stefano Perotti, son ami et associé, qui a fait le nécessaire pour permettre l'embauche du fils du ministre. Les deux hommes sont actuellement incarcérés dans le cadre de l'affaire, dans laquelle une cinquantaine de personnes sont mises en cause. Selon les enquêteurs, ils prélevaient généralement 3% de la valeur des travaux, d'un montant total de 25 milliards d'euros, qui vont d'une portion de la ligne ferroviaire à grande vitesse Milan-Vérone à une portion d'autoroute Salerne-Reggio de Calabre, en passant par une ligne de métro à Rome.

(L'essentiel/AFP)

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