«Shutdown» – Le monde de la finance s'interroge

Publié

«Shutdown»Le monde de la finance s'interroge

Le monde réagit jeudi avec circonspection à la paralysie de l'État fédéral américain et s'inquiète particulièrement d'un potentiel défaut de paiement des États-Unis, après le 17 octobre.

Les marchés ont jusqu'à présent gardé leur calme mais les investisseurs s'interrogent sur l'impact de ce blocage sur la demande et la croissance. Pour l'agence officielle Chine Nouvelle, le blocage budgétaire aux États-Unis «met en lumière la face affreuse de la politique partisane à Washington».

L'agence officielle ajoute que, même si son impact immédiat semble limité, «les dégâts se multiplieront si la situation se poursuit pendant des jours, voire des semaines, suscitant des inquiétudes sur les risques de contagion».

Plafond de la dette

La Réserve fédérale américaine va sans doute retirer peu à peu ses mesures de soutien à l'économie. Frustrés de n'avoir obtenu jusqu'ici aucune concession sur le budget, de plus en plus d'élus républicains lient désormais le débat sur la fermeture des services fédéraux à celui sur le relèvement du plafond de la dette, nécessaire d'ici le 17 octobre, pour éviter un défaut de paiement.

«Si les États-Unis font défaut sur leur dette, cela risque d'envoyer un signal aux marchés» comme quoi le pays «n'est plus un emprunteur crédible», estime David Smith, du centre des études sur les États-Unis à l'université de Sydney. «Et au regard du volume de la dette dans le système américain, cela pourrait être catastrophique».

Nervosité ambiante

Les signes de nervosité sont particulièrement notables chez les pays émergents qui ont enregistré un départ de capitaux cet été vers les États-Unis, dans l'attente d'un relèvement des taux américains. Pour le ministre philippin des Finances, Cesar Purisima, le blocage «est malheureux pour le reste du monde, car même des pays comme les Philippines sont emportés à cause du jeu de vilains à Washington».

Un défaut américain, inimaginable pendant longtemps et désormais crédible en raison des circonstances politiques actuelles, «ne peut mener qu'à un chaos sans précédent sur les marchés financiers mondiaux», ajoute le ministre dans un communiqué.

«Pas de danse familier»

«Un pas de danse hélas familier à Washington», s'est lamenté le quotidien Indian Express. «Un conflit politique vain», a renchéri le quotidien des affaires japonais Nikkei. «Cette mauvaise gestion politique ne doit pas détruire les germes de la croissance que nous voyons aux États-Unis et ailleurs dans le monde».

En Europe, où les économies peinent à se remettre sur pied après des années d'atonie, ministres et hauts responsables redoutent des répercussions sur la reprise. Cette paralysie représente, «si elle se prolongeait, un risque pour les États-Unis et pour le monde», a estimé mercredi le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi.

Blocage important

Faute d'un accord sur le budget au Congrès, les administrations centrales des États-Unis sont partiellement fermées depuis mardi matin. Les passeports et visas continuent d'être accordés mais les services non essentiels de l'administration sont fermés et des centaines de milliers de salariés des services fédéraux sont en congés sans solde.

Un des grands systèmes d'alerte des séismes, l'USGC, ne fonctionne plus, des scientifiques américains ont annulé leur participation à des conférences internationales et le président des États-Unis a reporté ses visites en Malaisie et aux Philippines. Le doute plane en outre sur la présence de Barack Obama à deux sommets en Asie.

(L'essentiel Online / ats)

Ton opinion