Agnès Obel – «Le monde de Lynch fait partie de mon ADN»
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Agnès Obel«Le monde de Lynch fait partie de mon ADN»

ESCH-BELVAL - Un an après son dernier concert, Agnes Obel revient dimanche envoûter ses fans avec sa musique brumeuse et mélancolique.

«L’essentiel»: L’édition deluxe de «Aventine» vient de sortir. Souhaitiez-vous offrir un second souffle à l’album?

Agnes Obel (chanteuse/pianiste): Je n’avais pas prévu cette réédition, c’est quelque chose qui s’est fait par étapes. On me demandait régulièrement des versions live des morceaux, et j’avais composé de nouveaux titres qui n’étaient pas sur l’album.

Il y a de nombreux titres en live. C’était important pour vous de capter cette énergie?

Au départ, je conçois les morceaux de mon côté, dans ma bulle. Mais ils prennent une autre dimension sur scène. Surtout après les avoir joués maintes et maintes fois. L’énergie est différente, certains titres sont meilleurs en live, ont davantage d’intensité.

David Lynch a remixé un de vos morceaux. Vous êtes une de ses fans?

Je fais partie de la génération «Twin Peaks», et j’admire son travail. Le monde de David Lynch fait partie de mon ADN. Nous sommes sur le même label, et, un jour, j’ai reçu un e-mail venant de lui avec le remix. Je n’y croyais pas, c’était vraiment inattendu. David Lynch en a fait une autre chanson, très intéressante en termes de pulsation et de rythme. Ma voix est complètement différente.

Vous avez travaillé avec d’autres musiciens, comme Mika Posen (Timber Timbre) et Anne Müller (cello). Sont-ils avec vous sur scène?

Oui, nous sommes même quatre. Cela m’a beaucoup manqué de ne plus être en groupe. C’est quelque chose que j’affectionne en particulier, et je n’imaginais pas de continuer à me produire seule sur scène. D’autant que chaque individualité apporte vraiment. Lorsque je cherchais des musiciens, je voulais trouver des gens avec qui j’avais réellement envie de travailler.

Comment gérez-vous le succès rencontré depuis le premier album?

Je ne sais pas vraiment. Le premier album, je l’ai fait pour moi à la base. Rassembler ces morceaux piano-voix, dont certains dataient de mes années étudiantes, sur un album était mon objectif. Et le succès qu’il a rencontré fut incroyable. J’y ai mis beaucoup de moi, et c’est fou d’imaginer que le public sait autant de choses sur vous. Je crois qu’il ne faut pas trop y penser.

Vous aviez joué à la Rockhal il y a un an. Un bon souvenir, même si vous étiez malade?

J’en garde un excellent souvenir, c’est une très belle salle. J’avais mon chien avec moi. C’est un chien de sauvetage, qui ne supporte pas de rester seul, et tout le monde était très gentil avec lui.

Vous tournez depuis plus d’un an. Ce n’est pas trop fatigant?

J’ai quand même eu des périodes de pause, vers mai et juin. C’est là que j’ai composé les inédits de la version deluxe d’«Aventine». En fait, je ne ressens pas la fatigue tant que j’ai de nouvelles chansons à offrir au public.

Recueilli par Cédric Botzung

Dimanche, 20h, à la Rockhal. Concert complet.

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