Taxes – Le monde est au bord de la guerre commerciale

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TaxesLe monde est au bord de la guerre commerciale

Les alliés de Washington, Union européenne et Canada en tête, mettent en place leur riposte aux taxes imposées par le président américain.

Les États-Unis ont annoncé jeudi des taxes douanières ciblant spécifiquement leurs alliés, qui ont commencé à riposter, précipitant l'économie mondiale au bord de la guerre commerciale, au moment de la tenue d'un G7 Finances au Canada. Ces droits de douane supplémentaires de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium en provenance de l'Union européenne ainsi que du Canada et du Mexique sont officiellement entrés en vigueur vendredi. En portant les coups les plus acérés à l'encontre de leurs alliés, au nom de la sécurité nationale, les États-Unis ont suscité indignation et incompréhension jusqu'au sein du parti républicain du président américain Donald Trump.

«La décision cible les alliés des États-Unis alors que nous devrions travailler avec eux pour nous occuper des pratiques commerciales injustes de pays comme la Chine», a tonné le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan. Ottawa a été un des premiers partenaires à riposter concrètement en annonçant des taxes sur 16,6 milliards de dollars canadiens (11 milliards d'euros) de produits américains. Qualifiant ces taxes d'«inacceptables», le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a estimé qu'elles étaient «un affront au partenariat de sécurité existant de longue date entre le Canada et les États-Unis, et un affront aux milliers de Canadiens qui ont combattu et péri aux côtés de leurs frères d'armes canadiens».

«Un accord équitable»

M. Trump a répliqué dans un communiqué qu'il avait été clairement indiqué à M. Trudeau que les États-Unis accepteraient seulement «un accord équitable», sinon «il n'y aura pas d'accord du tout». «Les États-Unis ont été exploités pendant de nombreuses décennies dans le domaine du commerce. Ces jours sont révolus», a averti le président américain. «Nous ne pouvons comprendre, que nous, alliés des États-Unis, puissions être frappés par les tarifs américains», a réagi le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire.

Cette décision est «une erreur» et elle est «illégale», a signifié le président français Emmanuel Macron au président américain au cours d'un entretien téléphonique. Il lui a également confirmé l'intention de l'Union européenne de riposter «de manière ferme et proportionnée». «Le nationalisme économique, c'est la guerre», avait fustigé avant cet entretien le chef de l'État français.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est pour sa part alarmée d'«une escalade qui nuira à tout le monde». «Les États-Unis ne nous laissent pas d'autre choix que de porter ce conflit devant l'OMC (Organisation mondiale du commerce) et d'imposer des droits de douane supplémentaires à des produits en provenance des USA», a par ailleurs réagi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Frappé également, parce qu'il ne plie pas assez vite face aux revendications américaines dans la renégociation de l'Aléna, le Mexique a condamné «catégoriquement» les mesures américaines et annoncé «des mesures équivalentes sur divers produits» dont certains aciers, des fruits et des fromages.

G7 Finances

Troisième partenaire de l'Aléna, le Canada, qui est l'hôte jusqu'à samedi du G7 Finances, entend profiter de cette réunion des ministres des finances pour tenter de convaincre l'administration Trump de revenir sur cette décision. «Les taxes douanières ne font aucun sens sur le plan économique. Elles sont nuisibles aux Canadiens, elles sont nuisibles aux Américains», a regretté Bill Morneau, le ministre canadien.

Participant à ce G7, la patronne du FMI, Christine Lagarde, a dénoncé une forme «de remise en cause de la manière dont le monde fonctionne» depuis des décennies, basée sur «le principe de la confiance et de la coopération». Elle a aussi prévenu que ce sont les plus pauvres qui pâtiraient de cette guerre commerciale.

(L'essentiel/afp)

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