Pastafarisme au Luxembourg – «Le Monstre de spaghetti volant a créé l'univers»

Publié

Pastafarisme au Luxembourg«Le Monstre de spaghetti volant a créé l'univers»

LUXEMBOURG - L’Église pastafarienne, qui voue un culte aux pâtes et à la bière, veut aussi être
subventionnée par l’État. L'archevêque Strozzapreti explique pourquoi.

Les adeptes du pastafarisme croient en l’existence d’un dieu ressemblant à un monstre constitué de spaghettis et de boulettes de viande.

Les adeptes du pastafarisme croient en l’existence d’un dieu ressemblant à un monstre constitué de spaghettis et de boulettes de viande.

«Moi j'ai toujours été pastafarien car j'ai toujours aimé les pâtes à la bolognaise», confie très sérieusement l'archevêque Strozzapreti de l'Église Pastafarienne du Luxembourg, connu sur Facebook sous le nom de Sainte Église Luxembourgeoise du Monstre de spaghetti volant. Aucun dogme, aucun interdit, un dieu fait de spaghettis et de boulettes de viande, une ironie à toute épreuve... La religion pastafarienne peut sembler tentante. D'ailleurs, sur Facebook, elle compte plus de 1 200 adeptes dont Corinne Cahen, ministre de la Famille, Sven Clement, président du PiratePartei ou encore Eugène Berger, député DP.

Les noms illustres, l'archevêque Strozzapreti n'en a que faire. Pour l'instant, son éminence pastafarienne a d'autres chats à fouetter. Depuis que plusieurs religions du pays ont obtenu un conventionnement avec l'État, son «équipe pastorale» a décidé d'envoyer la sauce. «Nous estimons remplir les mêmes critères. Notre religion existe depuis plus de 1 000 ans. C'est en effet en 963 que le Monstre de spaghetti volant a créé l'univers. Il est d'ailleurs toujours parmi nous. Les preuves de son existence sont irréfutables», justifie-t-il. C'est donc en toute logique que son église a envoyé lundi une lettre ouverte à Xavier Bettel, ministre des Cultes, pour «obtenir une reconnaissance officielle et une enveloppe financière».

Des pâtes et de la bière!

L'enveloppe financière permettrait à l'Église pastafarienne de créer des lieux de cultes où les croyants pourraient manger des pâtes sans se cacher. «Nos croyants sont actuellement obligés de manger des spaghettis clandestinement chez eux ou de se les payer de leur propre chef dans des restaurants originaires d'un pays assiégé par le Vatican», confie l'archevêque - de son vrai nom Jörg Wimpfheimer. L'Église estime «qu’un budget annuel de 7,5 millions d'euros suffirait», histoire de vivre comme un coq en pâte(s)!

Du coté des valeurs, l'Église pastafarienne a fait la paix avec l'imperfection de notre monde. Il faut dire que quand le Monstre de spaghetti volant a créé l'univers, il était ivre, donc tout s'explique. Quand les Pastafariens meurent, s'ils ont été sages, ils vont au paradis où les attend une usine à stripteaseur/se et un volcan à bière. Sur Terre, ils n'ont que deux revendications: des pâtes pour tous et aucune taxe sur la bière.

Ces quelques lignes vous font rire? Attention! Ne dites surtout pas à l'archevêque que sa religion est «cocasse» ou encore moins «ridicule», le monsieur n'est pas très bonne pâte(s). Impossible de lui décocher un sourire. «La religion est un sujet sérieux», lance-t-il. «Notre créateur est pris à la légère car c'est un monstre fait de spaghettis mais il n'est pas plus ridicule que le dieu tout-puissant défendu par nos confrères», s'énerve l’archevêque. Xavier Bettel sera-t-il du même avis? Affaire à suivre...

(Fatima Rougi/L'essentiel)

Une religion «Made in USA»

Le pastafarisme a été révélé en 2005 par Bobby Henderson. Cette année-là, ce diplômé en physique de l'université d'État de l'Oregon, a décidé d'envoyer une lettre ouverte pour protester contre la décision du comité d'éducation de l'État du Kansas d'autoriser l'enseignement du créationnisme dans les cours de science, au même titre que la théorie de l'évolution. Dans cette lettre, il explique que l'idée d'un monde créé par le Monstre en spaghetti volant n'est pas plus absurde que celle d'un dieu créant l'univers.

Ton opinion