En Russie – Le mouvement de Navalny cible de perquisitions

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En RussieLe mouvement de Navalny cible de perquisitions

Une nouvelle série de perquisitions ont été menées mardi, dans 30 régions du pays, contre le Fonds de lutte contre la corruption, mené par l'opposant numéro un au Kremlin.

Alexeï Navalny se trouve clairement dans le viseur des autorités russes.

Alexeï Navalny se trouve clairement dans le viseur des autorités russes.

AFP/Yuri Kadobnov

L'organisation anticorruption d'Alexeï Navalny, opposant numéro un à Vladimir Poutine, a été visé mardi par une nouvelle vague de perquisitions, portant un nouveau coup à ce mouvement, plus que jamais dans le collimateur des autorités russes. Le Comité d'enquête russe a indiqué que les opérations visaient aussi bien des domiciles d'employés que des bureaux de l'organisation, dans 30 régions du pays. Des «comptes bancaires du FBK (Fonds de lutte contre la corruption) ont été gelés», a-t-il ajouté.

M. Navalny a dénoncé sur twitter cette «troisième vague» de perquisitions en quelques semaines. Il a également diffusé des images de vidéosurveillance, sans préciser leur origine, où l'on peut voir des policiers casqués et masqués dans des bureaux. Le directeur du FBK, Ivan Jdanov, a relaté sur Twitter qu'à Moscou, aux alentours de 10h, les agents avaient «brisé la porte» du siège de l'organisation. Il a ajouté que ces perquisitions avaient lieu partout dans le pays, de la Russie européenne à l'extrême-Orient en passant par la Sibérie. Parmi les villes concernées: Moscou, Vladivostok, Ekaterinbourg, Samara, Tcheliabinsk et Iaroslavl.

Surveillance accrue

En septembre déjà, plus de 200 perquisitions en parallèle dans au moins 41 villes avaient visé le Fonds, ses employés et des bénévoles. «Ils ne nous feront pas peur», a réagi Lioubov Sobol, une figure du mouvement de M. Navalny à Moscou. Largement ignoré par les médias d'État, Alexeï Navalny, dont le président russe ne prononce jamais le nom, est un avocat de 43 ans qui a bâti sa popularité sur les réseaux sociaux où ses publications anticorruption sont abondamment partagées. Le Fonds de lutte contre la corruption, à l'origine de plusieurs enquêtes dénonçant les malversations et le train de vie des élites russes, est visé depuis des semaines par une enquête pour blanchiment d'argent.

Il y a tout juste une semaine, les autorités avaient encore accru la pression en classant le FBK «agent de l'étranger», une qualification introduite par une loi en 2012 et servant à désigner une organisation bénéficiant du financement d'un autre pays et qui a une «activité politique». Ce concept vague a permis de viser de nombreux groupes critiques du pouvoir, les «agents de l'étranger» étant soumis à d'importantes contraintes administratives et financières, et faisant l'objet d'une surveillance accrue.

(L'essentiel/afp)

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