Robinson Crusoé moderne – Le naufragé du Pacifique de retour au bercail

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Robinson Crusoé moderneLe naufragé du Pacifique de retour au bercail

José Salvador Alvarenga, qui affirme avoir dérivé 13 mois seul dans l'océan Pacifique, a retrouvé ses parents et sa fille après son retour en héros dans son Salvador natal.

Apparaissant sur une chaise roulante à sa descente d'avion, mardi soir, à San Salvador, agitant faiblement la main, Alvarenga n'a murmuré que quelques mots devant les objectifs et les micros de dizaines de cameras. Il a été immédiatement transporté par ambulance à l'hôpital de Santa Tecla, à 12 km à l'ouest de la capitale, où il a été pris en charge par une équipe médicale. Ce sont les médecins qui lui donneront l'autorisation de rejoindre son petit village côtier de Garita Palmera, à 120 km au sud-ouest de San Salvador, qu'il avait quitté il y a 15 ans pour tenter sa chance aux États-Unis, avant de s'établir sur la côte de l’État du Chiapas, au sud du Mexique.

À la demande du président du Salvador Mauricio Funes, la ministre de la Santé, Maria Isabel Rodriguez, doit visiter le patient mercredi matin, et devrait donner ensuite une conférence de presse. Le président Funes a demandé que M. Alvarenga soit traité «avec attention» et «continue de suivre l'évolution de son cas», a indiqué le responsable de la communication de la présidence, David Rivas. Sur les coups de minuit, mardi soir, le rescapé de 37 ans, rasé de frais, les cheveux courts et les joues rondes, a reçu la visite de ses parents Maria Julia Alvarenga et Ricardo Orellana, ainsi que de sa fille Fatima, âgée de 14 ans, selon des images de médias locaux.

Une pêche aux requins qui a mal tourné

Vêtu d'un peignoir bleu, Alvarenga, qui n'avait pas vu ses proches depuis huit ans, les a enlacés, allongé sur son lit d'hôpital. Tous le croyaient mort jusqu'à sa réapparition, le 30 janvier, sur la côte des îles Marshall.
Alvarenga a posé le pied au Salvador à l'issue de deux jours de voyage en avion, financé par l'Organisation internationale des migrations, marqués par de nombreuses escales et examens médicaux, sous les applaudissements du personnel de l'aéroport. «Imaginez le temps qu'il a passé (dans l'océan). Il aurait pu mourir. Mais grâce à Dieu, mon cousin est un combattant, parce que je ne sais pas ce que quelqu'un d'autre aurait fait. Nous sommes heureux de le voir revenir après tant de temps», a déclaré l'une des deux cousines, Marisol Alvarenga, 35 ans.

Lundi, les proches de José avaient décoré leur modeste maison de briques peinte en vert avec des ballons et des branches de palmier, comme il est de coutume pour les grands événements. «J'aimerais qu'il vienne s'asseoir avec nous ici, sur la plage, et nous raconte cette aventure, parce que pour nous qui sommes plus jeunes, ça pourrait nous servir à apprendre à survivre», a commenté de son côté Tomas Leiva, 17 ans, jeune pêcheur à Garita Palmera. Selon son récit, José était parti pour pêcher le requin en décembre 2012 depuis un village du Chiapas, avant de s'égarer après une avarie de moteur sur son bateau.

Il est réapparu 13 mois plus tard aux îles Marshall, à 12 500 km de son point de départ, en haillons, amaigri, barbu et les cheveux longs, les genoux éraflés, affirmant avoir survécu en mangeant des oiseaux, des poissons et en buvant du sang de tortue ainsi que son urine. Ce régime aurait eu raison de son équipier, un jeune homme de 24 ans, décédé au cours des premiers mois de leur odyssée. Mais le récit du survivant laisse dubitatif certains spécialistes. Au Salvador, petit pays pauvre d'Amérique centrale, le sujet est sur toutes les lèvres.
«L'histoire de Jose est une histoire de foi, (…) de lutte pour la vie mais aussi une histoire de solidarité et de retrouvailles», a souligné mardi, devant la presse, le ministre des Affaires étrangères salvadorien, Jaime Miranda, ajoutant qu'il s'agissait d'«un moment de bonheur pour les Salvadoriens».

(L'essentiel/AFP)

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