Réactions – Le nouveau jour férié ne fait pas l'unanimité
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RéactionsLe nouveau jour férié ne fait pas l'unanimité

LUXEMBOURG - Jours de congés, hausse du salaire minimum, impôts sur les entreprises, les avis des syndicats et du patronat divergent sur les mesures phares du programme de coalition.

Parmi les mesures phares du nouvel accord de coalition gouvernementale, l'instauration d'un jour de congé supplémentaire et d'un jour férié pour la fête de l'Europe, le 9 mai, fait le bonheur de la plupart des salariés. Sans grande surprise, les syndicats s'en félicitent, à l'image du LCGB, «naturellement en faveur» de cette future mesure.

Les organisations patronales, elles, sont forcément moins convaincues. «Passe encore pour le jour de congé. C'est le jour férié qui nous dérange le plus. S'il est important de célébrer l'Europe, n'aurait-il pas été possible de remplacer un autre jour férié devenu moins significatif?», s'interroge René Winkin. Le directeur de la Fedil craint, par ailleurs, «un cumul des jours fériés au mois de mai, qui risque de poser problème».

Un sentiment partagé par Jean Paul Olinger, secrétaire général de l'UEL (Union des entreprises luxembourgeoises), qui évoque une autre difficulté. «Les entreprises réussissent à s'organiser avec les congés. Mais un jour férié, c'est un jour sans production, sans vente. Cela signifie aussi des primes supplémentaires pour les salariés qui travaillent ce jour-là, comme dans le secteur de l'Horesca».

«Le salaire minimum n'était plus adapté»

Autre sujet d'inquiétude pour les entreprises, la hausse du salaire minimum de 100 euros «risque d'avoir un effet sur la grille salariale, même si toutes les sociétés ne sont pas affectées de la même façon», poursuit-il. «Toutes ces mesures sont des efforts supplémentaires demandés aux entreprises. Des efforts difficiles», résume pour sa part Jean-Paul Olinger, secrétaire général de l'UEL (Union des entreprises luxembourgeoises).


De arguments insuffisants pour Patrick Dury, président du LCGB, pour qui «le niveau du salaire minimum n'était plus adapté par rapport au risque de pauvreté. Nous avions demandé 136 euros, mais cette hausse va dans la bonne direction».

«Le risque de voir des sociétés partir»

La baisse d'impôt de 1% annoncée sur les bénéfices des entreprises risque de s'avérer encore plus clivante. Pour la Fedil, la coalition ne va pas assez loin et la réduction «ne suffira pas à combler l'élargissement de la base imposable imposée au niveau européen et international. Le risque, c'est de voir certaines sociétés financières très volatiles quitter le Grand-Duché», avertit René Winkin, qui «espère trouver un terrain d'entente pour d'autres baisses d'impôts durant la législature».

Une initiative que ne risque pas de soutenir l'OGBL. Si le syndicat souhaite attendre la tenue de son comité national, mardi prochain, pour s'exprimer sur l'accord de coalition dans son ensemble, son président André Roeltgen rappelle que l'OGBL «est opposé à la baisse de la fiscalité pour les entreprises, et favorable à la taxation des revenus du capital». Pour le LCGB, les salariés et pensionnés «doivent également profiter d'un allègement fiscal».

Au final, une évolution semble faire l'unanimité: le nouveau ministère de la digitalisation, «une bonne chose» pour Patrick Dury, un «projet utile et ambitieux», selon Jean-Paul Olinger. «Tous les secteurs en ont besoin. Ce serait fantastique que le Luxembourg devienne un modèle en la matière!», conclut René Winkin.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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