A Athènes – Le pape à la rencontre des orthodoxes grecs

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A AthènesLe pape à la rencontre des orthodoxes grecs

En prévision d’éventuelles manifestations antipapistes, la capitale grecque est placée sous haute sécurité jusqu’au départ du souverain pontife lundi.

Le pape François célèbre la messe au principal stade de football, dans la capitale chypriote Nicosie, le 3 décembre 2021.

Le pape François célèbre la messe au principal stade de football, dans la capitale chypriote Nicosie, le 3 décembre 2021.

AFP

Après deux jours à Chypre, le pape François est arrivé samedi matin à Athènes. Il va à la rencontre des chrétiens orthodoxes de Grèce, une première en deux décennies dans la capitale grecque placée sous haute sécurité en raison du climat antipapiste qui y règne traditionnellement. Si le souverain pontife s’est rendu sur l’île grecque de Lesbos en 2016, c’est la première visite d’un pape à Athènes en vingt ans, depuis le déplacement de Jean Paul II en mai 2001.

Après deux jours à Chypre, François vient y «étancher sa soif aux sources de la fraternité» et renforcer ses liens avec ses «frères de foi», les chrétiens orthodoxes, séparés de l’Église catholique depuis le schisme de 1054 entre Rome et Constantinople. Dans une vidéo publiée peu avant son départ de Rome, le pape s’est présenté en «pélerin» à la rencontre de «tous, pas seulement les catholiques», une minorité d’1,2% dans un pays à grande majorité de religion orthodoxe, non séparée de l’État.

Il s’entretiendra samedi avec la présidente de la République hellénique Katerina Sakellaropoulou et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, ainsi qu’avec l’archevêque de l’Église orthodoxe de Grèce Hiéronyme II, avant de rencontrer la communauté catholique, pour laquelle «la présence du Saint-Père en Grèce est un encouragement», selon Markos Foscolos, théologien et prêtre sur l’île de Tinos.

«Aux sources de l’humanité»

Son séjour de deux jours et demi en Grèce sera également marqué dimanche par une nouvelle visite éclair à Lesbos, emblématique de la crise migratoire, où il a dit qu’il irait «aux sources de l’humanité» plaider pour l’accueil et «l’intégration» des réfugiés. Vendredi à Chypre, le pape François a appelé à «ouvrir les yeux» devant l’«esclavage» et la «torture», que subissent les migrants dans les camps. Cinquante migrants, dont 10 en situation irrégulière détenus, seront transférés à Rome, selon Nicosie.

Une quarantaine d’ONG de défense des migrants ont demandé à le rencontrer, l’exhortant à intervenir pour que cessent les refoulements présumés d’exilés aux frontières gréco-turques. Le «père spirituel» est attendu avec impatience à Lesbos, où une trentaine de nouveaux demandeurs d’asile ont accosté mercredi. «Nous l’attendons les bras ouverts», a déclaré Berthe, une Camerounaise qui attend du pape «qu’il prie pour nous en raison des insécurités que nous avons vécues et qu’il nous aide à surmonter cela dans la foi».

Au cours de sa «brève» visite du camp de Mavrovouni, «il est clairement intéressé par les réfugiés» dont il rencontrera deux familles «choisies au hasard», a précisé vendredi sur la chaîne de télévision grecque ERT Dimitris Vafeas, directeur adjoint du camp. Quelque 900 policiers doivent être déployés le temps de son déplacement sur l’île grecque et aux alentours du camp érigé à la hâte après l’incendie de septembre 2020 qui a détruit la structure de Moria, que le pape avait visité il y a cinq ans.

Haute sécurité

Drones, véhicules blindés, routes coupées: la capitale sera également placée sous haute sécurité jusqu’au départ du souverain pontife lundi en fin de matinée, en prévision d’éventuelles manifestations antipapistes. Même si le climat est meilleur qu’en 2001, lors de la première visite d’un pape en Grèce, il y a, à l’intérieur du synode grec, «quelques fanatiques anticatholiques réputés», a dit à l’AFP Pierre Salembier, supérieur de la communauté jésuite en Grèce. Le plus célèbre étant le métropolitain Séraphim du Pirée, qui a qualifié la visite du pape François d’«immorale», selon l’Union des journalistes orthodoxes. Jusqu’à 2000 policiers sont prévus à Athènes en prévision des protestations de fondamentalistes orthodoxes. «Ils seront peu nombreux mais bruyants», prévient le théologien Petros Panagiotopoulos, professeur à l’université Artistote de Thessalonique.

Il y a 20 ans, Jean Paul II avait demandé «pardon» pour les péchés des catholiques contre les orthodoxes, en référence au sac de Constantinople de 1204. Malgré cette repentance, l’archevêque catholique d’Athènes Théodore Kodidis s’attend aussi à ce que «des personnes ou des groupes protestent et reviennent sur le poids de l’histoire». Mais il ne juge pas «leur influence significative» et voit dans cette rencontre avec l’Église orthodoxe «un signe d’espérance et de progrès». Si la visite du pape a été qualifiée de «significative» de source gouvernementale, beaucoup de Grecs ne sont «pas intéressés par cet événement», selon Mgr Kodidis. Car «ici c’est un pays orthodoxe, le pape reste une figure lointaine».

(L'essentiel/AFP)

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