Politique britannique – Le parti britannique Ukip plongé en plein marasme
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Politique britanniqueLe parti britannique Ukip plongé en plein marasme

Huit mois après le vote en faveur du Brexit, le parti anti-immigrés et europhobe Ukip peine à trouver une raison d'être. Et reste englué dans des querelles de personnes.

Douglas Carwell et Nigel Farage, ici en 2014, sont aujourd'hui à couteaux tirés.

Douglas Carwell et Nigel Farage, ici en 2014, sont aujourd'hui à couteaux tirés.

Avec la perspective de la sortie de l'Union européenne, l'United Kingdom Independent Party (UKIP) devrait nager en plein bonheur. Mais mardi, il était au bord de l'implosion en raison du conflit entre son seul représentant au Parlement, Douglas Carswell, et son ex-patron tout puissant Nigel Farage, dernière crise en date de l'après-référendum. Visiblement à bout de nerfs, Nigel Farage accuse Douglas Carswell d'être «dévoré par la jalousie et obsédé par la volonté de lui nuire», dans le quotidien Daily Telegraph. Et réclame qu'il quitte le parti.

Cela fait un moment que Nigel Farage reproche à son rival, transfuge du Parti conservateur, de vouloir détruire Ukip de l'intérieur. Cette fois, il l'accuse aussi d'avoir torpillé sa candidature en vue d'un anoblissement par la reine. La querelle peut faire penser à une dispute de cour d'école. Sauf qu'elle révèle au grand jour les divisions qui minent un parti en pleine crise existentielle. Vainqueur des élections européennes en 2014, Ukip, devenu la troisième force politique lors des législatives de 2015, a connu la consécration lors du référendum du 23 juin 2016 lorsque 52% des Britanniques ont voté en faveur d'une sortie de l'UE.

Le principal donateur du parti s'en mêle

Mais depuis juin, plutôt que de capitaliser sur le Brexit, le parti s'est fait remarquer par la démission express de sa nouvelle chef puis par une bagarre entre eurodéputés au Parlement de Strasbourg. Orphelin de son charismatique timonier Nigel Farage, parti soutenir Donald Trump aux États-Unis, Ukip peine à faire entendre sa voix. En mal d'objectifs, Ukip comptait sur une victoire à la législative partielle de jeudi, à Stoke-on-Trent, pour rebondir, diligentant même son général, le nouveau leader Paul Nuttall. Ce fut un échec retentissant, déclenchant une énième guerre personnelle entre, cette fois, Paul Nuttall et le millionnaire Arron Banks, principal donateur du parti.

«Secoueur» par l'échec à Stoke, Arron Banks a sommé Paul Nuttall de «faire le ménage» dans un parti «géré comme une brocante» en «virant des benêts comme Douglas Carswell». Grand architecte de la campagne pour le Brexit, Arron Banks a déjà plusieurs fois menacé de monter un nouveau parti autour de Nigel Farage, ce qui signerait sans doute l'arrêt de mort de l'Ukip. En attendant, Arron Banks prépare le terrain, laissant entendre mardi qu'il pourrait se présenter contre Douglas Carswell lors des législatives en 2020.

(L'essentiel/AFP)

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