Oswald Grübel – Le patron d'UBS ne compte pas démissionner

Publié

Oswald GrübelLe patron d'UBS ne compte pas démissionner

Le directeur général de la banque suisse UBS, Oswald Grübel, a déclaré qu'il ne se sentait pas coupable dans l'affaire de la fraude d'un de ses traders, et n'avait aucune intention de démissionner.

«Si quelqu'un agit avec une énergie criminelle, vous ne pouvez rien faire», a relevé Oswald Gruebel. (AP)

«Si quelqu'un agit avec une énergie criminelle, vous ne pouvez rien faire», a relevé Oswald Gruebel. (AP)

«Je suis responsable de ce qui se passe dans la banque. Mais si vous me demandez si je me sens coupable, alors je vous dis non», a déclaré M. Grübel au journal suisse Sonntag paru dimanche. Lorsque quelqu'un décide d'agir de façon criminelle, «vous ne pouvez rien faire», a-t-il déclaré. M. Grübel, un Allemand qui avait auparavant dirigé Credit Suisse, a pris la tête d'UBS au plus fort de la crise financière pendant laquelle la banque avait perdu des milliards de francs et enregistrait des pertes records. Il l'avait ramenée au bénéfice en 2010.

La pression s'était accrue ces derniers jours sur les dirigeants de la banque helvétique UBS après la perte de 2,3 milliards de dollars qu'elle a subie en raison de la fraude d'un de ses traders, selon des commentaires dans les médias suisses. Le président honoraire d'UBS Nikolaus Senn avait déclaré vendredi douter que M. Grübel puisse rester à son poste après cette affaire, tandis que le tabloïd suisse Blick se demandait samedi «pourquoi les patrons d'UBS restent silencieux s'ils contrôlent la situation?»

Soutien d'un des grands actionnaires de la banque

Citant un trader d'une banque privée, sans révéler son nom, Blick écrit que la banque reste peut-être muette parce que certaines opérations non autorisées ne seraient pas encore terminées. Un autre hebdomadaire suisse, NZZ am Sonntag a cité pour sa part un membre du conseil d'administration de la banque, sans le nommer, indiquant que Oswald Grübel avait toujours le soutien d'un des grands actionnaires de la banque, le fonds d'investissement singapourien GIC.

Par ailleurs, des hommes politiques ont demandé qu'UBS cesse ses activités dans le secteur de la banque d'investissement, à l'origine des pertes colossales de la banque ces dernières années. L'ancien ministre de la justice Christoph Blocher, leader du parti UDC (droite populiste), a même suggéré d'interdire complètement ce secteur d'activités. «Nous devons sérieusement considérer l'hypothèse d'interdire les activités de banques d'investissements aux banques commerciales», a-t-il déclaré au journal dominical SonntagsZeitung.

Plutôt 2,3 milliards d'euros

UBS, première banque suisse, avait révélé jeudi qu'un de ses traders à Londres, Kweku Adoboli, aurait provoqué une perte de 2 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros) après avoir effectué des «opérations non autorisées».

Elle a révisé dimanche à la hausse, à 2,3 milliards de dollars, sa prévision de perte à la suite de la fraude sur des opérations de négoce annoncée jeudi.

Ton opinion