«Le pays n'est pas si riche que ça»

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«Le pays n'est pas si riche que ça»

LUXEMBOURG - Robert Goebbels, eurodéputé, demande à la Commission européenne de
revoir le mode de calcul de la richesse des pays.

«L'essentiel»: Vous critiquez l'indicateur du PIB par habitant utilisé par Eurostat pour classer les pays européens. Pourquoi?

Robert Goebbels: Pour un pays comme le Luxembourg, les données sont faussées. Le PIB est divisé par le nombre d'habitants, 468 000. Mais on compte dedans le travail des 130 000 frontaliers. Sans eux, le PIB baisserait de 30 %. Le pays n'est pas si riche que ça.

En quoi est-ce si dommageable?

Le Luxembourg est vu comme un pays très riche, ça suscite des envies chez nos partenaires. Et chaque fois qu'on demande une dérogation, comme pour l'ouverture du marché du courrier, on nous répond qu'on est riches et qu'on n'a pas de problème.
Et c'est encore pire sur la politique de lutte contre le réchauffement climatique. Le Luxembourg va payer plus à cause de ce critère.

Comment trouver un indicateur plus proche de la réalité?

Eurostat peut faire évoluer l'indicateur si on lui demande. On pourrait simplement calculer un PIB divisé par la force du travail et non le nombre d'habitants. Quitte à faire une pondération entre le nombre d'actifs et de retraités.

L'Europe s'intéresse-t-elle à cette question, qui est finalement luxembourgeoise?

Le Grand-Duché est le plus concerné par le phénomène des frontaliers mais d'autres pays connaissent la même situation, comme l'Irlande avec l'Ulster.

Recueilli par Linda Cortey

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