Clash au Parlement européen – Le Pen traite Cohn-Bendit de «pédophile»

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Clash au Parlement européenLe Pen traite Cohn-Bendit de «pédophile»

Un échange verbal houleux a eu lieu au Parlement européen de Strasbourg. Pris à partie par Daniel Cohn-Bendit, Jean-Marie Le Pen l'a traité de pédophile.

Mercredi, lors d'un débat sur l'attentat à la bombe puis la fusillade contre un rassemblement de jeunes le 22 juillet en Norvège, le vice-président des eurodéputés Verts s'est emporté à la tribune. Daniel Cohn-Bendit s'en est frontalement pris à Jean-Marie Le Pen, le président d'honneur du Front national.

Cohn-Bendit a estimé qu'il était «intolérable que le Parlement européen abrite en son sein un parlementaire qui tient des propos aussi racistes et abjects, c'est inacceptable pour un Parlement comme le nôtre (...) Il faut que ce Parlement dise que Monsieur Le Pen est une honte».

La «naïveté» du gouvernement norvégien

Fin juillet, le fondateur du FN avait en effet dénoncé la «naïveté» du gouvernement norvégien face au «danger» du «terrorisme» et de «l'immigration massive, qui est la cause principale, semble-t-il, dans l'esprit de ce fou meurtrier». Le Pen (83 ans) avait aussi jugé «plus grave» cette «naïveté» que la tuerie elle-même, qualifiée d'«accident».

Touché au vif et encouragé par sa fille Marine qui siège à côté de lui à Strabourg, Le Pen a répliqué: «Mis en cause personnellement par un collègue relativement à des déclarations sur le massacre norvégien. Je tiens à dire que c’est un mensonge. En effet, j'ai porté un jugement politique sur la politique norvégienne en déplorant la naïveté du gouvernement norvégien qui n’avait pas rempli ses obligations de sécurité. L'État est chargé de défendre ses citoyens. Or, il n’y avait pas un seul policier sur l'île».

«Le pédophile Cohn-Bendit»

Et de poursuivre après avoir été mis à l'ordre par le président du Parlement, Jerzy Buzek: «J'ai été mis en cause par le pédophile Cohn-Bendit. J'ai le droit de répondre. J’ai le droit de de rappeler qu’il a été mis en cause ici pour avoir hébergé un terroriste de la Fraction armée rouge, qu'il soutenait les Cambodgiens m... J’ai le droit de défendre mon honneur! Vous êtes peut-être le président de cette assemblée, mais j’en suis le vice-doyen!»

Interrompu une nouvelle fois, Le Pen s'est obstiné, sous les huées de parlementaires, à vouloir clarifier ses propos: «J'ai le droit de me défendre quand mon honneur est attaqué, c'est la moindre des choses! C’est clair: j'ai dit que le gouvernement norvégien était naïf parce qu'il n'avait pas pris des dispositions de sécurité tant dans l’île que postérieurement. Il a fallu une heure et demie à la police pour arriver sur les lieux du crime. Je dis que c'est normal qu'un député européen exprime son opinion sur l’attitude d'un gouvernement qui fait partie de l'Europe».

La parole définitivement coupée, Le Pen s'est emporté: «Vous ne me laissez pas la parole. On se croirait chez les bolchéviques ici!». «Il (NDLR: Jerzy Buzek) sait de quoi il parle...», lâche alors Marine Le Pen.

(L'essentiel Online/AFP)

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