Rencontre à Bruxelles – Le plan que la Grèce veut soumettre à l'UE

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Rencontre à BruxellesLe plan que la Grèce veut soumettre à l'UE

La Grèce et les autorités de l'UE se confrontent à partir de mercredi à Bruxelles pour tenter de trouver un compromis avec les créanciers de la troïka.

Aléxis Tsípras vont jouer très gros dans les prochains jours.

Aléxis Tsípras vont jouer très gros dans les prochains jours.

AFP

LE PLAN DE LA TROIKA

La Grèce devait en terminer fin février avec le plan de l'UE. Elle devait recevoir les derniers 7,2 milliards d'euros prévus par l'UE, la BCE, et le FMI, si toutefois elle était à jour des dernières réformes demandées qui portaient notamment sur l'assouplissement du droit du travail, du droit syndical, la réforme du système d'assurance sociale et les saisies immobilières. Elle est engagée jusqu'en 2016 avec le FMI, qui a encore 16 milliards d'euros de prêts à lui verser.

CE QUE VOUDRAIENT LES GRECS: Un délai jusqu'au 1er septembre pour mettre au point un plan de réformes comprenant 30% de réformes de leur cru.

Athènes est donc prêt à garder 70% des mesures préconisées dans les programmes d'aide de ses créanciers -- dont beaucoup ont été mises en oeuvre. Ces 30% de mesures nouvelles seraient élaborées avec le conseil de l'OCDE (organisation de coopération et de développement économiques), dont le secrétaire général Angel Gurria rencontrera mercredi le Premier ministre Alexis Tsipras. Parmi les réformes de moyen terme déjà évoquées, figure la remontée du salaire minimum de 580 à 750 euros d'ici à 2016, la réembauche de 3.000 fonctionnaires dont le gouvernement considère qu'ils ont été "illégalement" démis de leurs fonctions sur ordre de la troïka, ou la "réinstallation" de la télévision publique ERT, fermée brutalement en juin 2013 et remplacée depuis par une version plus légère, NERIT.

L'allègement de la dette : la Grèce ne réclame plus ouvertement de réduction massive du capital de sa dette («haircut»), mais des aménagements très techniques permettant d'en alléger le poids.

L'UE a déjà laissé entendre que des allongements du délai de remboursement, ou des abaissements de taux d'intérêt, étaient possibles. . Un programme-relais Pendant l'élaboration de ce plan de réformes, Athènes demande à ses partenaires de lui accorder les moyens de ne pas être à court de liquidités. Le gouvernement demande ainsi 1,9 milliard sur les 7,2 qui lui avaient été promis par l'UE : il s'agit du produit d'obligations grecques que détient la BCE. La Grèce demande aussi que la BCE fasse passer de 15 à 23 milliards d'euros la capacité du pays à émettre des bons du Trésor, et de pouvoir enfin utiliser les 11 milliards d'euros contenus dans le Fonds hellénique de stabilité financière, qui étaient destinés aux banques en cas de gros problème. Lundi, un responsable du ministère des Finances a expliqué qu'Athènes avait "deux lignes rouges" non négociables : consacrer environ 2 milliards d'euros à des mesures d'urgence en faveur des plus pauvres (électricité gratuite, bons alimentaires...) d'autre part de ne plus se voir imposer un excédent budgétaire primaire (c'est-à-dire hors charge de la dette) de 4,5% du PIB, mais de 1,5% seulement.

PETITS ARRANGEMENTS DE VOCABULAIRE

Certains indices montrent que les deux parties pourraient trouver des arrangements de nature à ce que chacun sauve la face. Par exemple, le président du Parlement européen Martin Schulz, sans être partie prenante à la négociation, a suggéré que désormais, les dirigeants grecs rendent compte directement à l'UE et au FMI de leurs réformes, plutôt qu'aux experts de la troïka dont les Grecs ne supportaient plus les visites hautement sécurisées. Lundi, une source du ministère des Finances a indiqué que les Grecs ne se formaliseraient pas du fait que l'UE baptise «extension du plan d'aide» le programme-relais suggéré par Athènes. Quant au ministre des Finances Yanis Varoufakis, il a fait contre mauvaise fortune bon cœur la semaine dernière devant des journalistes, en estimant qu'après tout, un allègement de la dette via de simples mesures techniques portant sur les taux ou la durée de remboursement avait finalement un effet de «haircut».

(L'essentiel/AFP)

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