A Bettembourg – Le pôle multimodal des CFL, un vrai défi technique

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À BettembourgLe pôle multimodal des CFL, un vrai défi technique

BETTEMBOURG - Le chantier CFL qui commence à sortir de terre est un défi technique et écologique qui va permettre à l'Eurohub de devenir une plate-forme internationale du fret.

32 hectares de terrain excavés jusqu’à 13 m de profondeur en face de l’Eurohub Sud à Bettembourg. «Quand on voyait les champs ici, il était difficile de s’imaginer le projet», s'amuse Serge Meyers, de la direction gestion infrastructure des CFL, sur le chantier du nouveau pôle multimodal. Un peu plus d’un an après le premier coup de pelle, le projet avance bien, et devrait être opérationnel dans les temps, entre l'été 2016 et la fin d'année. «Un véritable défi»pour coordonner jusqu'à 15 ateliers en même temps. Une vraie fourmilière qui avançait, ce mois-ci, sur la déviation de la Diddelengerbach, la rivière qui traversait le pôle jusqu’à présent. «Ici, elle passe sous les voies, mais l'administration de l’Eau nous a demandé de la laisser le plus possible à découvert. À certains endroits, nous l’avons même replacé dans son premier lit».

Les déviations, c'est aussi le lot des gaines électriques, de communications ou des égouts. Un peu plus loin, un pylône électrique se trouve en plein sur la future ligne de train. Il sera mis à terre en juillet et Creos creusera des gaines pour relier les nouveaux bâtiments administratifs à proximité. «Il y a eu une année de travaux préparatoires, notamment avec des archéologues». Les géologues ont permis aux ouvriers de préparer des pieux, enfoncés sous terre, le long des 700 m de quais du pôle, dont le diamètre évolue en fonction de la stabilité du terrain. En effet, il n'y a pas de place au hasard: les Modalohr, ces nouvelles autoroutes ferroviaires qui sortent à peine de terre, «c’est du précis!». Leurs systèmes hydrauliques permettront de pivoter les wagons de quelques degrés pour charger les camions sur les trains. Deux plateformes d’une capacité de 300 000 semi-remorques par an.

Quadrupler les manutentions

S’ajouteront à côté les quatre voies dotées de grues portiques, plus traditionnelles, qui permettent de charger et décharger les conteneurs des trains. «Comme celle dont nous disposons au pôle existant, mais cinq fois plus grand», se félicite-t-on. Une première voie ferrée sera déroutée fin juin afin de la raccorder aux lignes existantes. Enfin, un gigantesque parking pour les semi-remorques et une zone pour les conteneurs. «Ce n’est pas du stockage, dit Christina Schürr, responsable communication des CFL multimodal. Pour cela, il y aura la zone logistique». Cette zone sera de l’autre côté du triage, sur l’ancien site WSA.

«Nous prévoyons 600 000 manutentions par an contre 165 000 actuellement, avec une augmentation des zones desservies, notamment la Pologne ou Calais, explique Alain Krecké, directeur commercial des CFL multimodal. Cette zone permettra d’augmenter l’import-export. Notre entrepôt aura deux spécificités, une zone sous température dirigée et une autre pour le matériel dangereux. Nous répondons ainsi à une forte demande de nos clients», ajoute-t-il.

Le tout devrait permettre une économie d'émissions de CO2 de 525 000 tonnes par an en 2025. Le terminal actuel sera remplacé par une zone sécurisée où les clients d'Eurohub Sud pourront se reposer, manger, et laisser leurs chargements à l’abri et sous surveillance. À terme, la zone comptera 300 emplois de plus, en plus des 340 actuels. Le projet, de 200 millions d’euros, sera couplé à un aménagement du rond-point de l’A13 par les Ponts & Chaussées, qui doit être livré en 2016 afin de rediriger le flux routier sur la zone.

(Jonathan Vaucher/L'essentiel)

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