Homme abattu – Le policier a-t-il répliqué de manière proportionnée?
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Homme abattuLe policier a-t-il répliqué de manière proportionnée?

ETTELBRUCK - Le CSV s'interroge sur les tirs du policier qui ont provoqué la mort d'un homme suspecté de vol avec violence, samedi à Ettelbruck. Filmée, la scène suscite de nombreux commentaires.

Un homme menaçant a été abattu par la police à Ettelbruck, samedi.

Un homme menaçant a été abattu par la police à Ettelbruck, samedi.

Un individu mortellement blessé par la police en pleine rue, au Luxembourg, sous le regard médusé de plusieurs personnes. Peu commune, la scène traumatisante a généré un torrent de réactions sur les réseaux sociaux. Qui plus est, l’intervention, fatale à l'homme suspecté d'un vol de voiture avec violence, a été filmée par des témoins. Du début à la fin.

«De nombreux commentaires négatifs»

Sur les réseaux sociaux, les avis sont partagés entre ceux qui saluent les forces de l'ordre et ceux qui estiment la réaction du policier disproportionnée. Des interrogations qui ont déjà gagné la sphère politique. Dès dimanche, le CSV a posé une question parlementaire urgente. Signée par les députés Marc Spautz, Léon Gloden, Laurent Mosar et Gilles Roth, la question souligne «les nombreux commentaires négatifs par rapport au comportement des officiers de police».

Le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox (Déi Gréng), est appelé à s'exprimer sur «le déroulement exact des événements», le profil de l'individu ou encore sur «les circonstances» lors desquelles les agents ont «le droit de faire usage de leur arme à feu».

«Réaliser un tir précis»

D'aucuns se sont également interrogés sur le choix du policier de ne pas viser les jambes du suspect ou toute autre partie du corps moins à risque de blessures létales. Un expert spécialisé dans la formation des policiers aux tirs évoque ainsi «le stress, la peur et l'adrénaline». Autant d'éléments qui empêcheraient un agent de «réaliser un tir précis». Avec tous les risques que cela comporte, notamment celui de «blesser un civil avec une balle perdue».

Cette affaire fait écho à une autre intervention au cours de laquelle des tirs d'un policier avaient provoqué la mort d'un suspect au terme d'une course poursuite. Le 11 avril 2018, un Néerlandais de 51 ans avait démarré en trombe, à Bonnevoie, avant d'être stoppé par trois coups de feu mortels d'un jeune agent de police. Un an plus tard, ce dernier avait été mis en examen pour «homicide volontaire et coups et blessures volontaires».

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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