tour de France 2014 – Le Polonais qui voulait tutoyer les sommets

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tour de France 2014Le Polonais qui voulait tutoyer les sommets

Rafal Majka, de l'équipe Tinkoff-Saxo, a littéralement explosé sur ce Tour de France. À la surprise générale, il s'est imposé à deux reprises en altitude.

Dans le final du Pla d'Adet, il a fait un clin d'œil à la caméra à chaque accélération. Cette facilité et cette décontraction face à l'événement, Rafal Maj­ka ne les cultive pas spécialement. Il se sent juste «très bien» avec son maillot à pois. «C'est mon premier Tour de France et j'ai deux victoires d'étape, c'est déjà fantastique, a commenté le grimpeur de l'équipe Tinkoff-Saxo. J'aime quand il fait chaud. Je préfère ça au Giro!» Lorsque l'on sait qu'à 24 ans, il a déjà pris une 6e et une 7e places de ses deux derniers Tours d'Italie, on peut imaginer qu'il est à l'aube d'une grande carrière.

Coéquipier exemplaire, il a tenu à souligner le travail colossal effectué à l'avant par Nicolas Roche, qui a aussi rendu son triomphe possible. Mais tout n'a pas été simple. Majka a d'abord dû se retenir. «On m'avait dit d'oublier les trois autres cols, il fallait que je gagne l'étape, a dévoilé le Polonais. Ensuite, mon manager me criait qu'il fallait attendre avant d'attaquer. Au final, tout a été parfait. Je savais qu'en partant à moins de 3 km du sommet, j'avais les jambes pour gagner.» La troisième ­victoire de la formation Tinkoff-Saxo prouve que le changement de stratégie après la blessure d'Alberto Contador a été parfaitement assimilé.

Deuxième à Chamrousse derrière le maillot jaune Vincenzo Nibali, Rafal Majka avait déjà gagné à Risoul. Un seul autre Polonais s'était imposé dans une étape du Tour. Il s'agit de Zenon Jas­kula, en 1993. Et, clin d'œil de l'histoire, c'était déjà à Saint-Lary. Après avoir durement chuté en tout début d'étape la veille, le Thurgovien a dû se résoudre à abandonner hier. Le coureur de IAM Cycling s'était arraché pour terminer l'étape entre Caracassonne et Bagnères-de-Luchon, sans savoir qu'il souffrait d'un pneumothorax. «Je n'ai jamais supporté autant de douleur, a-t-il dit. Le médecin m'a dit que l'altitude pourrait être dangereuse pour mon poumon. J'ai donc renoncé à rejoindre Paris.»

(L'essentiel/Jean-Philippe Pressl-Wenger)

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