Union Européenne – Le Portugal laisse la présidence à la Slovénie
Publié

Union EuropéenneLe Portugal laisse la présidence à la Slovénie

Le Premier ministre slovène, Janez Jansa, prend jeudi le relais du Portugal à la présidence tournante de l'UE, sur fond de craintes pour l'État de droit.

En 2008, la Slovénie faisait figure d'élève modèle de l'Europe mais l'atmosphère est tout autre aujourd'hui.

En 2008, la Slovénie faisait figure d'élève modèle de l'Europe mais l'atmosphère est tout autre aujourd'hui.

AFP

Le Premier ministre slovène, Janez Jansa, prend jeudi le relais du Portugal à la présidence tournante de l'UE, mais ses démêlés avec Bruxelles sur l'État de droit, la coopération avec le parquet européen et la liberté de la presse soulèvent des inquiétudes. C'est la deuxième fois que l'État alpin de deux millions d'habitants occupe cette position, mais l'atmosphère est tout autre aujourd'hui.

En 2008, la Slovénie faisait figure d'élève modèle de l'Europe et la présidence était célébrée comme un jalon sur la route de l'indépendance pour ce pays issu de l'ex-Yougoslavie. Le dirigeant conservateur Jansa était déjà à sa tête. Depuis, il a pris ses distances à l'égard des valeurs libérales et ses détracteurs l'accusent de copier le style autoritaire de son allié souverainiste Viktor Orban.

«Identités nationales»

Parmi les priorités affichées pour les six mois à venir, la Slovénie tiendra à l'automne un sommet sur l'intégration des Balkans occidentaux. Elle espère aussi «fortifier la résistance de l'UE» face à la pandémie de Covid-19, au moment où les pays s'apprêtent à recevoir les 750 milliards d'euros prévus par Bruxelles pour relancer l'économie. Mais l'attention se focalisera sur un autre point de son programme: la Slovénie promet en effet de «renforcer l'Etat de droit et les valeurs européennes», un sujet qui divise au sein des 27.

Lors d'un sommet la semaine dernière, M. Jansa s'est gardé d'accabler son homologue Viktor Orban, sous le feu des critiques pour une loi jugée homophobe. Il a appelé à éviter «de nouvelles divisions inutiles», tandis que sur le site officiel de la présidence, il prône le respect des «identités nationales», en écho au discours du Premier ministre hongrois. Dans la même veine, le dirigeant de 62 ans a rencontré la cheffe du parti d'extrême droite Frères d'Italie, Giorgia Meloni, tout comme le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, habitué des bras de fer avec l'UE.

Les escarmouches ont été nombreuses avec la Commission depuis le retour au pouvoir de M. Jansa, en mars 2020. Ignorant les rappels à l'ordre, il a multiplié les attaques contre les journalistes et privé de dotation publique l'agence de presse nationale STA, qualifiée de «honte nationale» pour son ton jugé trop critique.

(L'essentiel/afp)

Ton opinion