Politique tunisienne – Le Premier ministre est reconduit

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Politique tunisienneLe Premier ministre est reconduit

En Tunisie, Mohammed Ghannouchi a été reconduit dans ses fonctions. Mais les principaux ministres de l'équipe Ben Ali ont été écartés. Un nouveau gouvernement a été formé.

Les postes-clés de l'Intérieur, de la Défense, des Finances et des Affaires étrangères changent de main. Les affaires étrangères sont confiées à Ahmed Ounaïs, un diplomate de carrière qui a servi sous les présidences de Habib Bourguiba et du président Zine El Abidine Ben Ali avant de prendre sa retraite. Le ministre des affaires étrangères Kamel Morjane a lui même annoncé sa démission avant l'annonce de la liste du nouveau gouvernement.

Ce gouvernement a été formé à la suite de «consultations avec tous les partis politiques et les composantes de la société civile qui ont accepté d'y participer», a déclaré M. Ghannouchi. Il a ensuite égréné la liste de son nouveau gouvernement en direct à la télévision publique. «Sa mission sera d'organiser des élections pour que le peuple choisisse en toute liberté», a-t-il ajouté, en appelant les Tunisiens «à retourner au travail». Le «gouvernement s'engage à ce que les élections soient organisées sous le contrôle d'une commission indépendante, en présence d'observateurs internationaux pour en garantir la transparence», a-t-il ajouté.

L'UGTT accepte Ghannouchi

A Tunis, des centaines de manifestants ont exulté à l'annonce du nouveau gouvernement de transition épuré des principaux caciques du régime Ben Ali. Mais ils continuaient de réclamer le départ du Premier ministre Mohammed Ghannouchi, a constaté l'AFP. Juste avant l'annonce du remaniement ministériel, l'Union générale des travailleurs tunisiens avait fait part de sa décision de ne pas participer au prochain gouvernement. Mais l'UGTT a accepté que M. Ghannouchi en reste le chef, bien qu'il ait été Premier ministre de Ben Ali.

L'UGTT, qui a joué un rôle fondamental dans l'encadrement de la révolte populaire, a pesé de tout son poids pour obtenir le départ de l'exécutif des sept ministres ayant servi le régime corrompu et autoritaire de l'ancien chef de l'Etat.

Manifestations à Sidi Bouzid

Les manifestations quotidiennes se sont déplacées jeudi vers la ville de Sidi Bouzid, dans le centre du pays, berceau de la Révolution du Jasmin. «Non au vol de la révolution!» ont scandé les manifestants qui ont défilé dans les rues. Le long cortège s'est arrêté devant le palais de la justice sur le mur duquel était inscrit: «La révolution appartient au peuple et non aux partis d'opposition qui ont fait allégeance aux chiens du RCD» (Rassemblement constitutionnel démocratique, parti au pouvoir sous Ben Ali, ndlr).

La manifestation s'est déroulée sans incident, sous le contrôle d'unités de l'armée déployées à la place de la police. Celle-ci est considérée comme responsable de la répression sanglante qui a précédé la fuite, le 14 janvier, du dictateur et de sa femme. ATunis, des milliers de manifestants poursuivaient le siège des bureaux du premier ministre de transition Mohammed Ghannouchi, sur l'esplanade de la Kasbah. L'armée a fait barrage à des professeurs et des élèves du secondaire en grève, qui tentaient de les rejoindre.

Par ailleurs, le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, en exil à Londres, prévoit de rentrer dimanche plus de 20 ans après avoir quitté la Tunisie, selon le porte-parole d'Ennahda à Paris. Outre le remaniement, les autorités de transition ont prévu de former un «comité de sages» pour superviser la transition vers un régime démocratique après 23 années de présidence de Zine Ben Ali.

(L'essentiel online/ats)

La Tunisie demande au Canada d'agir

La Tunisie a officiellement demandé au Canada d'arrêter Belhassen Trabelsi, beau-frère du président déchu Ben Ali. Dans le même temps, le statut de résident permanent canadien de Belhassen Trabelsi et de sa famille a été annulé en raison de la non-observation par ces derniers des obligations qui s'y rapportent. «Ils peuvent faire appel de cette décision et si elle est maintenue, ils peuvent demander l'asile», a précisé une source gouvernementale. «C'est un signal clair disant qu'ils ne sont pas bienvenus au Canada», cependant «il faudra du temps, au moins plusieurs mois, avant qu'ils puissent être renvoyés», a précisé la même source.

Belhassen Trabelsi - frère de Leïla Trabelsi, épouse de l'ex- président Zine El Abidine Ben Ali - ainsi que sa femme, leurs quatre enfants et leur gouvernante, ont atterri jeudi dernier à Montréal à bord d'un avion privé, rapportait mercredi les quotidiens «La Presse». Ces révélations sont intervenues le même jour que l'émission par Tunis d'un mandat d'arrêt international contre Ben Ali, son épouse - tous deux en Arabie Saoudite - et six autres membres de leur famille, dont Belhassen Trabelsi.

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