Serment en Algérie – Le président Bouteflika a été «recalé à l'oral»

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Serment en AlgérieLe président Bouteflika a été «recalé à l'oral»

Le chef de l'État algérien a prêté serment lundi, mais avec de grandes difficultés d'élocution. Il a raté cette épreuve indispensable, selon la presse, qui s'interroge sur ses capacités d’assurer ses fonctions.

Assis dans un fauteuil roulant, la main droite sur le Coran, M. Bouteflika a répété lundi d'une voix faible un texte d'une dizaine de lignes lu par le président de la Cour suprême, Slimane Boudi. Il a ensuite lu une brève allocution en butant sur les mots. «Bouteflika recalé à l'oral», écrivait El Watan dans son éditorial, observant que le président, «handicapé par la maladie, fut contraint de puiser dans ses maigres ressources pour passer ce grand et éprouvant oral».

M. Bouteflika, 77 ans, a été victime il y a un an d'un AVC qui l'a conduit à près de trois mois d'hospitalisation au Val-de-Grâce, à Paris. «Les Algériens qui ont suivi à la télévision ce moment tragicomique avaient mal pour l'Algérie en voyant ces images peu rassurantes sur l'état de santé de Bouteflika, qui présidera aux destinées du pays pendant les cinq prochaines années», notait El Watan.

Réélection avec 81% des voix

«El Khabar» faisait sa une sur un «discours inachevé» du président de la République qui, après un serment de 94 mots en arabe, a dû interrompre la lecture de son discours, distribué aux journalistes présents sur les lieux de la cérémonie qui a duré au total une trentaine de minutes. Liberté évoque une «cérémonie expéditive» et relève que M. Bouteflika «n'a lu que le préambule de son discours (de 12 pages), confondant scrutin et référendum».

«La prestation d'hier nous a ramenés, une fois de plus, à la question têtue de la capacité du président d’assumer réellement sa charge», analysait de son côté Le Quotidien d'Oran. «Le régime peut affirmer que tout est en ordre, le débat médical continue avec ses prolongements politiques», écrit le journal. Abdelaziz Bouteflika a été réélu le 17 avril pour un quatrième mandat avec 81% des voix, lors d'un scrutin lors duquel ses détracteurs ont crié à la fraude.

(L'essentiel/AFP)

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