Honduras – Le président dément être lié au trafic de drogue

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HondurasLe président dément être lié au trafic de drogue

Le président du Honduras, Juan Orlando Hernandez, a déclaré détenir des enregistrements montrant que les trafiquants qui l'accusent d'être lié au trafic de drogue mentent.

Juan Orlando Hernandez lors d’une conférence de presse, le 24 mars 2021.

Juan Orlando Hernandez lors d’une conférence de presse, le 24 mars 2021.

AFP

Le président du Honduras, Juan Orlando Hernandez, a déclaré mercredi détenir des enregistrements montrant que les trafiquants qui l'accusent devant la justice américaine d'être lié au trafic de drogue mentent. Lors d’une déclaration à la presse au palais présidentiel à Tegucigalpa convoquée pour répondre aux accusations portées contre lui, Juan Orlando Hernandez a répété qu’il n’était pas impliqué dans le trafic de drogue et a déclaré que son innocence était prouvée par des enregistrements effectués clandestinement en 2013 par la DEA, l’agence américaine de lutte contre la drogue. «Il n’est pas possible de nier que les trafiquants font de faux témoignages, parce que la vérité est documentée, sous forme d’enregistrements secrets», a-t-il dit.

Selon lui, alors qu’il était candidat à la présidence hondurienne en 2013, la DEA avait un agent infiltré dans des réunions de responsables du narcotrafic au Honduras. Dans des discussions enregistrées clandestinement par cet agent, les trafiquants déclarent que si Juan Orlando Hernandez gagne l’élection, ils ne parviendront pas à conclure d’accords avec lui, a-t-il dit.

«Je suis intraitable»

«Ce que les narcos disent dans ces enregistrements, c’est que Juan Orlando (Hernandez) ne va pas traiter avec eux, qu’il ne va pas se compromettre avec eux», «que je suis intraitable», a déclaré le président. «Ce qu’ils disaient en réalité en 2013 est le contraire de leurs faux témoignages de maintenant», a insisté Juan Orlando Hernandez. Dans un témoignage devant le tribunal fédéral de Manhattan, le chef du cartel hondurien Los Cachiros, Devis Leonel Rivera Maradiaga, a affirmé que son organisation avait versé 250’000 dollars en liquide en 2012 à Hilda Hernandez, sœur de l’actuel président, alors qu’il était parlementaire et candidat à la présidence.

Devis Leonel Rivera Maradiaga a déclaré que le trafiquant Geovanny Fuentes lui avait affirmé disposer de preuves matérielles montrant que Juan Orlando Hernandez avait reçu des cargaisons de cocaïne en provenance de Colombie dans les aéroports honduriens de San Pedro Sula et de Tegucigalpa. Des procureurs américains considèrent Juan Orlando Hernandez comme un co-conspirateur impliqué avec Geovanny Fuentes dans l’envoi de tonnes de cocaïne aux États-Unis. Fuentes a été déclaré coupable et il est dans l’attente de sa sentence, qui peut aller de dix ans de prison à la réclusion à perpétuité. Juan Antonio «Tony» Hernandez, frère cadet du président, a lui aussi été déclaré coupable de trafic de drogue en 2019 par un tribunal américain. Dans son cas, la sentence pourra aller de 40 ans à la prison à vie.

Élu président en 2013 et réélu en 2018, Juan Orlando Hernandez considère que son frère et lui sont victimes d’une vengeance des trafiquants qu’il a contribué à faire extrader vers les États-Unis.

(L'essentiel/afp)

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