Destitution au Pérou – Le président tombe pour soupçons de corruption

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Destitution au PérouLe président tombe pour soupçons de corruption

Le président péruvien, Martin Vizcarra, avait fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, avant de chuter lui-même pour des accusations de pots-de-vin.

M. Vizcarra a été destitué, à la suite d'accusations sur de présumés pots-de-vin, perçus en 2014 en échange de contrats pour des travaux publics.

M. Vizcarra a été destitué, à la suite d'accusations sur de présumés pots-de-vin, perçus en 2014 en échange de contrats pour des travaux publics.

AFP

Le président péruvien, Martin Vizcarra, destitué lundi, avait fait de la lutte contre la corruption son principal cheval de bataille, à contre-courant de la classe politique locale, avant de chuter lui-même pour des accusations de pots-de-vin qu'il a «catégoriquement» niées. M. Vizcarra, 57 ans, un ingénieur austère, avait succédé en mars 2018 à Pedro Pablo Kuczynski, démissionnaire à la suite d'un scandale de corruption autour du géant brésilien du BTP Odebrecht, alors qu'il se trouvait, lui-même, sous la menace d'une procédure de destitution.

M. Vizcarra a pour sa part été destitué à la suite d'accusations sur de présumés pots-de-vin perçus en 2014, en échange de contrats pour des travaux publics, alors qu'il était gouverneur de la région de Moquegua, située au sud de Lima. Une précédente procédure de destitution motivée par d'autres accusations de corruption, il y a un mois et demi, avait échoué.

Bras de fer

Perçu comme un pragmatique, M. Vizcarra, un homme grand et sec, avait fait figure d'exception à son arrivée à la tête du Pérou, n'entretenant aucun lien avec les milieux d'affaires, ni les partis politiques traditionnels. Au fil de ses trente-deux mois à la tête du pays andin de 33 millions d'habitants, le chef de l'État a conforté sa popularité par son intransigeance à l'égard du Parlement, à l'inverse de ses prédécesseurs, et par sa croisade anticorruption.

«Nous serons très fermes dans la lutte contre la corruption et contre toutes ces actions qui sont contraires à la loi», avait-il déclaré lors de sa prise de fonctions, le 23 mars 2018. Moins d'un an plus tard, les Péruviens ont approuvé massivement par référendum trois réformes constitutionnelles anticorruption proposées par le président, dont l'interdiction de réélire les membres actuels du Parlement en 2021.

Plus de trois Péruviens sur quatre souhaitaient son maintien au pouvoir, selon diverses enquêtes d'opinion. Mais le bras de fer n'a jamais cessé avec les parlementaires.

(L'essentiel/afp)

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