Le prophète ne vit que pour sa survie

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Le prophète ne vit que pour sa survie

Véritable film-ovni, «Un Prophète» de Jacques Audiard
a enfanté son étoile
montante: Tahar Rahim.

Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena (Tahar Rahim) ne sait ni lire ni écrire. À son arrivée en centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 18 ans. D’emblée, il tombe sous la coupe d’un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite.

Au fil des «missions», il s’endurcit et gagne la confiance des Corses.
Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau… Déjouant habilement tout cliché sur l'univers carcéral et sur les différentes communautés qui s'y toisent et se haïssent, Jacques Audiard tisse son œuvre la plus forte et la plus sombre dans laquelle Malik, porté avec maestria par l'inexpérimenté Tahar Rahim, va user de ruse (et de pas mal de violence) pour sauver sa peau.

Faute de savoir lire, il écoute et retient. Faute de savoir écrire, il braille et va jusqu'à tromper César (Niels Arestrup), parrain des Corses, dont il s'affranchit à la fin du film. Le pari risqué de prendre un novice dans un premier rôle aussi prenant s'est avéré gagnant à en juger par le Grand Prix du jury décerné l'année dernière à Cannes.

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