Canada: Le Québec réélit la coalition de droite en place depuis 2018

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CanadaLe Québec réélit la coalition de droite en place depuis 2018

Les Québécois ont largement réélu, lundi, la coalition de droite au pouvoir depuis quatre ans. La question de l’immigration et celle de l’identité québécoise ont été au cœur des débats.

François Legault le 18 novembre 2021 à Montréal.

François Legault le 18 novembre 2021 à Montréal.

Getty Images via AFP

Plus de 6 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour élire les 125 députés de l’Assemblée du Québec. Les bureaux de vote ont fermé à 20h (02h au Luxembourg mardi). Selon les premières estimations, la Coalition Avenir Québec (CAQ), parti nationaliste hétéroclite de droite, emmené par le Premier ministre actuel François Legault, remporterait quelque 50% des voix. Cette formation nationaliste fondée en 2011, pourrait faire mieux qu’en 2018, où elle avait raflé 74 des sièges avec un peu plus de 37% des voix.

Derrière, les autres partis étaient très largement distancés avec en seconde position le Parti libéral du Québec (PLQ, centre gauche) à moins de 15%, ce qui constituerait les pires résultats pour la formation qui a dirigé le Québec près de quinze années avant 2018.

«Troisième voie»

Il y a quatre ans, François Legault, ex-homme d’affaires multimillionnaire, était arrivé au pouvoir en réussissant son pari d’imposer une «troisième voie». Ni indépendantiste, ni fédéraliste, le fondateur de la compagnie aérienne Air Transat revendique une approche «business» de la politique et des valeurs nationalistes.

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault s’est réjoui des résultats devant la presse. «Les gens trouvaient qu’on avait bien géré la pandémie», a-t-elle estimé. «Il y avait quelque chose d’ingrat dans le fait d’avoir été un peu obligé de s’occuper de ça uniquement. Ils veulent nous laisser une chance, un plein mandat de quatre ans pour qu’on continue», a-t-elle ajouté.

François Legault devait prendre la parole dans la soirée depuis la ville de Québec. Réunis dans le théâtre Le Capitole, des centaines de partisans l’attendaient en tenue de soirée se trémoussant sur la moquette rouge, a constaté une journaliste de l’AFP. Brandissant des pancartes bleues marquées du slogan du parti «Continuons», tous étaient tournés vers les grands écrans de télévision sur lesquels défilait l’annonce de la victoire du parti.

Déclin du français

La question de l’identité québécoise a agité la campagne avec un parti au pouvoir qui a multiplié les déclarations fracassantes. Il serait «un peu suicidaire» d’accepter davantage de nouveaux arrivants compte tenu du déclin du français, a notamment déclaré François Legault, qui avait auparavant associé violence et immigration. Son ministre de l’Immigration, Jean Boulet, est allé jusqu’à affirmer que «80% des immigrants ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise».

Des propos qui ont trouvé un écho notamment parmi la population vieillissante de la province. Pour Alain Gravel, 55 ans, la question de l’immigration est importante, tout comme les questions économiques dans un contexte d’inflation galopante au Canada. «On sait qu’il y a beaucoup d’immigrants illégaux qui viennent. Il faut absolument trouver un moyen de colmater les brèches» entre les États-Unis et le Canada, a-t-il estimé auprès de l’AFP, après avoir voté. Avec la pénurie de main-d’œuvre criante qu’affronte la province de près de 8,5 millions d’habitants, la question de l’immigration est aussi un véritable enjeu économique.

(AFP)

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