Après un nouveau scandale – Le racisme hante toujours le sport américain

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Après un nouveau scandaleLe racisme hante toujours le sport américain

Près de 70 ans après la fin à la ségrégation, les discriminations refont surface. Dernier exemple en date, les propos polémiques du patron des Los Angeles Clippers, un club de NBA.

Donald Sterling a reproché, dans une conversation datée du 9 avril, à sa petite amie de se montrer avec des noirs en public.

Donald Sterling a reproché, dans une conversation datée du 9 avril, à sa petite amie de se montrer avec des noirs en public.

AFP

«Le racisme reste un problème dans toute la société, et le sport le reflète», affirme Ray Halbritter, à l'initiative d'une campagne pour que les Redskins (les Peaux Rouges), l'équipe de football professionnel de Washington, change de nom, jugé raciste. Le dernier scandale en date, qui émeut actuellement les États-Unis, a été soulevé par Donald Sterling, le propriétaire du club de NBA Los Angeles Clippers. Dans une conversation datant du 9 avril avec sa petite amie, et où sa voix a été authentifiée par son épouse Rochelle lundi, Sterling, un magnat de l'immobilier de 80 ans, reproche à la jeune femme de se montrer avec des noirs. «Cela m'embête beaucoup que tu dises ainsi vouloir être associée à des noirs. Est ce que tu dois vraiment faire cela? Tu peux coucher avec (des noirs), tu peux les faire venir chez toi, tu peux faire ce que tu veux avec eux, mais la moindre des choses est de ne pas en faire la publicité et de les amener à mes matches».

Pour M. Halbritter, qui représente la tribu indienne Oneida de l'État de New York, «le côté positif de cette affaire, c'est que tout le monde sait que ces déclarations sont inacceptables». Ainsi, le président Barack Obama a dénoncé ces «déclarations incroyablement racistes», tandis que le célèbre basketteur Magic Johnson s'est publiquement demandé si Sterling devait rester propriétaire de l'équipe. Des parraineurs des Los Angeles Clippers, inquiets des retombées négatives des propos du propriétaire du club, ont annoncé lundi la fin de leur collaboration. Le milliardaire, dont la fortune est estimée par le magazine Forbes à 1,9 milliard de dollars, n'est pas le premier à être accusé de racisme.

«Ne pas attendre que quelqu'un demande pardon jusqu'à ce qu'un autre fasse la même chose»

Dans les années 1990, Marge Schott, qui détenait l'équipe de base-ball des Cincinnati Reds, scandalisait en utilisant des termes racistes anti-noirs ou anti-gays, se moquait de l'accent japonais et professait sa passion pour Hitler. Elle a vendu la majorité de ses parts en 1999, trois ans après avoir été interdite de gestion de l'équipe par la ligue de base-ball. En novembre dernier, en NFL, la ligue de football américain professionnel, Richie Incognito des Miami Dolphins a été suspendu après avoir été accusé de harceler un joueur noir. En 2013, les Philadelphia Eagles ont suspendu Riley Cooper après des propos racistes tenus lors d'un concert et filmés en vidéo.

Mais le racisme se fait jour aussi de manière plus anonyme via les réseaux sociaux. Ainsi, le chanteur latino Marc Anthony s'était attiré des commentaires désobligeants après avoir chanté God Bless America à l'ouverture d'un match de base-ball, certains ironisant sur ce «Mexicain qui chante God Bless America lors d'un événement très américain». En fait, le chanteur est né à New York de parents portoricains, et donc américains. Pour Debra Nixon, professeur de la Nova Southeastern University en Florida spécialiste des questions de diversité, le racisme dans le sport américain, et dans la société tout entière, est un «problème persistant». «Et cela continuera de l'être tant que nous ne nous attaquerons pas au problème de manière constructive», dit-elle à l'AFP, et non pas simplement attendre «que quelqu'un demande pardon jusqu'à ce qu'un autre fasse la même chose».

(L'essentiel/AFP)

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