Attentat de Lockerbie – Le responsable de Lockerbie est mort

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Attentat de LockerbieLe responsable de Lockerbie est mort

Abdelbaset al-Megrahi, seul condamné pour l'attentat de Lockerbie en 1988 en Écosse, est décédé dimanche à Tripoli à l'âge de 60 ans des suites d'un cancer, près de trois ans après sa libération.

Selon son frère Abdelhakim, Abdelbaset al-Megrahi est décédé peu après 13h, dans sa maison, située avenue de Damas, dans un quartier résidentiel du centre de Tripoli. Il avait été hospitalisé le mois dernier pour une transfusion sanguine, dans un état «très critique», avant de rentrer chez lui pour être parmi sa famille qui avait affirmé alors que les jours d'Abdelbaset étaient «comptés». Dimanche en début d'après-midi, la famille était réunie dans la maison et se préparait à recevoir les condoléances, tandis que, de la rue, on entendait les pleurs des proches.

«Il est décédé et nous a laissés avec ce sentiment d'injustice», a regretté Abdelhakim Megrahi qui dénonce une «affaire politique et de renseignements» dans laquelle son frère a été «le bouc émissaire» de l'ancien régime de Mouammar Kadhafi. «Tout le monde sait que le régime de Kadhafi mettait ses fautes sur le dos des autres», a-t-il ajouté. «Toute l'obscurité de ce monde ne cachera pas la flamme (...) de la vérité», a affirmé de son côté Mohamed, un autre frère d'Abdelbaset. «Durant la dernière décennie, plus de dix bébés sont nés dans la famille d'Abdelbaset Megrahi. Un jour ces bébés obtiendront des excuses du monde», a-t-il encore dit.

Des études aux États-Unis

Né le 1er avril 1952 à Tripoli, marié et père de cinq enfants, Megrahi avait été condamné en 2001 à la réclusion à perpétuité pour son implication dans l'explosion d'un Boeing 747 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie en Écosse, qui avait fait 270 morts. Il avait été libéré par la justice écossaise pour des raisons humanitaires en 2009, des médecins ayant diagnostiqué un cancer en phase terminale. Sa libération avait soulevé une vague d'indignation, en particulier parmi les familles des victimes, d'autant plus qu'il ne semblait plus mourant à son arrivée triomphale à Tripoli, et qu'il a survécu jusqu'ici, malgré que les médecins ne lui avaient donné que trois mois à vivre.

Megrahi avait été remis en 1999 à la justice britannique par son gouvernement. Il avait été inculpé en 1991, à la suite d'une enquête britannique et américaine, pour l'attentat de Lockerbie. Megrahi, qui a fait ses études aux États-Unis, a fait preuve lors de son procès de sa parfaite maîtrise de l'anglais, se présentant comme le directeur du Centre des études stratégiques de Tripoli. Selon l'accusation, ce poste n'était en fait qu'une couverture destinée à cacher ses fonctions au sein des services secrets libyens, les JSO, où il aurait exercé de hautes responsabilités, ce qu'il a toujours nié.

2,7 milliards de dollars dindemnisation

Toujours selon l'accusation, c'est Megrahi qui aurait négocié l'achat des minuteurs électroniques MST-13 dont l'un a activé la bombe. C'est lui également qui aurait acheté à Malte les vêtements qui ont servi à entourer la bombe. Son co-accusé, Al Amin Khalifa Fhimah, avait été acquitté à l'issue du procès mais Megrahi a été reconnu coupable en 2001.

Et ce n'est qu'en 2003 que la Libye a reconnu officiellement sa responsabilité dans l'attentat puis a payé 2,7 milliards de dollars en guise d'indemnisation aux familles des victimes. Mais après la chute du régime de Kadhafi, les autorités écossaises et américaines ont souhaité relancer l'enquête sur l'attentat, réclamant la coopération des nouvelles autorités libyennes.

(L'essentiel Online/AFP)

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