Bande dessinée – «Le Scorpion» a un père

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Bande dessinée«Le Scorpion» a un père

Dans le dixième album de ses aventures, «Le Scorpion» sait enfin qui est son véritable père.

Pour les habitants de la basse ville, il est «Le Scorpion». Une épée redoutée par les hommes, un charme redoutable pour les femmes. Pour les habitants de la haute ville, il est Armando Catalano, l'homme à la perruque poudrée qui déniche au fin fond des catacombes romaines les reliques des saints de l'Antiquité et du Moyen Âge. Pour le cardinal Trebaldi, impitoyable maître des moines-guerriers et futur pape, il n'est que le témoin d'une époque maudite. L'homme, qui porte sur l'épaule droite un tatouage en forme de scorpion, doit disparaître.

Alors que sort le tome 10, qui marque la fin du deuxième cycle, «Le Scorpion» reste plus que jamais un magnifique roman de cape et d'épée. «C'est un hommage à ce genre qu'Enrico et moi adorons. Nous avons eu les mêmes envies et deux ans de discussion avant la création du Scorpion il y a près de dix ans», explique Stephen Desberg, scénariste de la série. Une série enlevée, rythmée, qui doit beaucoup au dessin flamboyant d'Enrico Marini. «Pour "Le Scorpion", Batman a été une source d'inspiration, comme Zorro, comme Les trois mousquetaires, comme l'acteur Steward Granger dont il a d'ailleurs de faux airs».

Dans le tome 10, Desberg et Marini emmènent leur héros vers la cruelle vérité. Alors que le pape est de plus en plus isolé, le Scorpion n'a qu'un seul but: rendre justice à sa mère, brûlée sur le bûcher. Au cœur du Vatican, il saura enfin qui est son père. «C'est un album capital puisqu'il clôt deux cycles, en même temps qu'il ouvre la porte sur d'autres pistes», dit Enrico Marini.

«On révèle qui est le vrai père du Scorpion et on redistribue les cartes pour le futur», ajoute Stephen Desberg, impatient de repartir pour un troisième cycle quand Enrico Marini essaye de freiner ses ardeurs. «Pour ce final en apothéose dans la basilique Saint-Pierre, j'ai eu énormément de travail. Je suis content de l'avoir mené à bien. Je pense à la suite, mais il me faut aussi réaliser le tome 4 des "Aigles de Rome"». Le Scorpion aura donc un troisième cycle. «Je suis très attaché au personnage et le succès qu'il connaît nous a donné beaucoup de liberté pour faire avancer la série. Au terme de ce tome 10, le Scorpion est enfin prêt à vivre autre chose, y compris avec les femmes». Parole de Stephen Desberg, prêt à attendre son compère Enrico Marini.

Denis Berche

Plus d'infos

«Le Scorpion T. 10 - Au nom du fils». Desberg et Marini. Dargaud.

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