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Crise du coronavirusLe secteur du luxe redémarre sa production

Après des semaines d'arrêt forcé, la filière luxe reprend peu à peu sa production en Italie et en France, dans un écosystème fortement fragilisé par le Covid-19.

Une femme range des robes dans une boutique de mode de luxe Alberta Ferretti, le 18 mai 2020, à Milan.

Une femme range des robes dans une boutique de mode de luxe Alberta Ferretti, le 18 mai 2020, à Milan.

AFP/Miguel Medina

Après des semaines d'arrêt forcé, la filière luxe redémarre peu à peu sa production en Italie et en France, dans un écosystème fortement fragilisé par la pandémie de Covid-19, et avec nombre de sous-traitants en difficulté. Des petits ateliers aux grandes maisons de mode et parfum, le secteur a fourni depuis mars des tonnes de masques et de gel hydroalcoolique pour aider à endiguer l'épidémie, un «effort de guerre» qui a aussi permis de maintenir en activité une petite partie des salariés.

Le récent déconfinement en Chine - marché-clé représentant 35% des achats de luxe dans le monde en valeur - puis en Europe, et une reprise de la consommation avec la réouverture progressive des boutiques, a permis aux grands groupes de relancer peu à peu leur outil de production. «Nous avons redémarré graduellement fin avril. Mais pour l'instant, il n'est pas possible de faire des prévisions» sur la date d'un retour à la normale, résume à l'AFP Micaela Le Divelec Lemmi, directrice générale de la maison Salvatore Ferragamo.

«Les petits artisans qui souffriront le plus sont »

«À la fois parce que sur les sites de production, il faut respecter des dispositions particulières avec la distanciation sociale, et parce qu'une bonne partie de notre réseau de magasins est encore fermé», souligne-t-elle. Prada, autre grande marque italienne, précise que quelque 65% des employés de ses sites de production retravaillent. Cette reprise «devrait permettre de faire arriver les collections automne-hiver dans les magasins fin juillet-début août, avec un mois de retard par rapport à la normale», indiquait récemment le patron du groupe, Patrizio Bertelli, au quotidien La Repubblica.

S'il reconnaissait que l'année serait difficile pour Prada et les grands du secteur, il estimait que «ceux qui souffriront le plus sont les petits artisans». Les géants du luxe se trouvent ainsi «face à un dilemme: laisser disparaître une partie de leurs fournisseurs, ou alors investir» dans ces petites structures pour les sauver, estime le cabinet Bernstein. Pour Luca Solca, analyste Luxe de Bernstein, «il est probable qu'on aura davantage d'intégration (de ces acteurs) en amont. Les grands groupes ne peuvent pas laisser leurs fournisseurs faire faillite», notamment en Italie, où il existe une multitude de petits sous-traitants.

(L'essentiel/afp)

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