Au Luxembourg – Le sexisme continue à pourrir la vie professionnelle des femmes
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Au LuxembourgLe sexisme continue à pourrir la vie professionnelle des femmes

LUXEMBOURG – Une femme sur deux se dit victime de sexisme au travail, selon un sondage réalisé par l'OGBL.

Laisser les femmes de côté, leur confier des dossiers moins intéressants, moins prendre en compte leur avis… Autant d'éléments du sexisme ordinaire en entreprise…

Laisser les femmes de côté, leur confier des dossiers moins intéressants, moins prendre en compte leur avis… Autant d'éléments du sexisme ordinaire en entreprise…

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«Tu as encore tes règles?» Ce genre de remarques pas franchement subtiles, des femmes les entendent encore de nos jours à leur travail, comme d'autres types de mufleries sur le fait d'avoir des enfants ou pas, la manière de s'habiller, des surnoms infantilisants, des remarques sur la voix ou le physique… La liste du sexisme ordinaire en entreprise est longue, selon un sondage réalisé par OGBL Equality et présenté ce mardi.

«On a interrogé à la fois sur le sexisme le plus brutal, comme le harcèlement sexuel, mais on voulait aussi mettre le focus sur le sexisme au quotidien, qui est plus subtil, se fait par petites touches, le sexisme culturel», explique Michelle Cloos, responsable d'OGBL Equality. «On voit qu'en tant que femme, on continue à être traitées différemment sur le lieu de travail qu'un collègue homme. Ça peut se manifester par différentes choses, comme être moins prises au sérieux, être plus souvent interrompues quand on parle, d’avoir moins de perspectives d’évolutions professionnelles»...

«Un impact réel sur la santé»

Manon Meiresonne

Un sentiment qui se vérifie dans le sondage. Ainsi, près d'une femme sur deux (46%) affirme avoir été victime de sexisme et 19% de harcèlement sexuel. Dans la majorité des cas, les agissements étaient le fait de supérieurs hiérarchiques (62%). Mais le petit chef qui se croit tout permis n'est pas seul, il peut aussi s'agir d'un collègue (55%) ou d'un client ou prestataire externe (27%). Des nuances selon les branches d'activités sont aussi à relever, le secteur des banques et assurances semblant être le plus sexiste, avec 60% de victimes de sexisme et 20% de harcèlement sexuel.

«Cela a un impact réel sur la santé de ces personnes», déplore Manon Meiresonne, d'OGBL Equality. Différents symptômes sont rapportés, comme de l'anxiété, des troubles du sommeil, des maux de ventre… Près d'un tiers des victimes dit aussi avoir eu envie de démissionner. D'autant que 62% des victimes n'ont pas osé informer leur employeur du phénomène. Et quand elles l'ont fait, des mesures ont été mises en place dans seulement 8% des cas. Au final, la plupart des victimes ne se sont pas senties soutenues, ni moralement, ni concrètement.

«La plupart des personnes qui se sentent victimes, en parlent dans leur cercle privé, pas dans le milieu professionnel. Et même quand elles en parlent, le plus souvent, rien ne se passe. C’est un véritable problème, ça montre qu’il y a vraiment besoin de mettre en place de meilleures structures dans les entreprises. Les conventions collectives peuvent aussi être un instrument», affirme Michelle Cloos. Qui a conscience que le sondage n'a pas été réalisé par un institut de sondage professionnel et donne un résultat subjectif. «La subjectivité est importante. Si autant de femmes se sentent victimes de sexisme, le problème est bien réel».

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JW/L'essentiel

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