En Slovénie – Le sort d'un migrant ébranle le pouvoir
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En SlovénieLe sort d'un migrant ébranle le pouvoir

Annoncé il y a quelques jours, l'arrêté d'expulsion vers la Croatie d'Ahmad Shamieh, un réfugié Syrien, a suscité un mouvement de solidarité à travers le pays.

Après trois ans au pouvoir, cet épisode apparaît comme un coup dur pour Miro Cerar, Premier ministre slovène, avant les législatives prévues l'été prochain.

Après trois ans au pouvoir, cet épisode apparaît comme un coup dur pour Miro Cerar, Premier ministre slovène, avant les législatives prévues l'été prochain.

AFP/Jonathan Nackstrand

Le sort d'un migrant syrien soutenu par une partie de l'opinion publique fait vaciller la coalition de centre-gauche au pouvoir en Slovénie, fragilisant la position du Premier ministre Miro Cerar à quelques mois des législatives.

Annoncé il y a quelques jours, l'arrêté d'expulsion vers la Croatie d'Ahmad Shamieh, un Syrien arrivé en Slovénie en février 2016 lors de la vague de réfugiés, a suscité un mouvement de solidarité à travers le pays. Cet homme de 42 ans, hébergé dans un centre de Ljubljana et ayant appris des rudiments de slovène, s'est en effet distingué en travaillant aux côtés d'ONG proposant des repas gratuits et des cours de formation, devenant selon ses soutiens un symbole d'intégration.

Séisme dans la majorité et dans l'opposition

Cette levée de boucliers a conduit M. Cerar à promettre cette semaine d'intervenir en sa faveur malgré l'épuisement de toutes les voies de recours. Mais cette annonce a provoqué un séisme tant dans l'opposition, qui a menacé de déposer une motion de censure, que dans son propre camp. La ministre de l'Intérieur Vesna Gyorkos Znidar, membre du Parti du centre moderne (PCM) de M. Cerar, a tenté de refermer la page ce vendredi, soulignant que l'expulsion ne pouvait légalement plus être remise en question. «Un tel humanisme superficiel est très difficile à mettre en oeuvre», a-t-elle déclaré.

Après trois ans au pouvoir, cet épisode apparaît comme un nouveau coup dur pour M. Cerar avant les législatives prévues l'été prochain. Elu en 2014, alors que le pays sortait tout juste d'une grave récession, le dirigeant de centre-gauche peut s'enorgueillir d'une des croissances économiques les plus dynamiques de la zone euro, avec 4,7% attendus cette année. Mais en octobre, sa candidate a été éliminée dès le premier tour de la présidentielle, finalement remportée par le sortant Borut Pahor.

(L'essentiel/ AFP)

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