Soudan – Le Soudan coupé du monde, la manif réprimée

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SoudanLe Soudan coupé du monde, la manif réprimée

Des milliers de Soudanais convergent dimanche vers le palais présidentiel à Khartoum, bravant grenades lacrymogènes, coupure des télécommunications et déploiement massif de soldats.

Une manifestation avait déjà eu lieu le 13 novembre 2021.

Une manifestation avait déjà eu lieu le 13 novembre 2021.

Reuters/Photo d’archives

Comme à chaque manifestation, devenues régulières depuis le coup d’État du général Abdel Fattah al-Burhane le 25 octobre, les autorités ont une nouvelle fois tenté, en vain, de tuer la mobilisation dans l’œuf en érigeant barrages physiques et virtuels.

Khartoum est depuis plusieurs jours coupée de ses banlieues par des containers placés en travers des ponts sur le Nil. Internet et les téléphones portables ne fonctionnent plus depuis le matin et, sur les principaux axes, des membres des forces de sécurité juchés sur des blindés armés de mitrailleuses lourdes surveillent les passants.

Mais des milliers de Soudanais ont malgré tout répondu à la mi-journée à l'appel des militants à manifester «en mémoire des martyrs».

Car si 54 personnes ont été tuées et des centaines blessées depuis le putsch, le pays a connu un nouveau pic de violences jeudi, avec six manifestants tués à Khartoum selon un syndicat de médecins pro-démocratie.

Des violences qui se sont déroulées à huis clos ce jour-là car en plus de couper le pays du monde et Khartoum de ses banlieues, des officiers en tenue régulière ont arrêté et même passé à tabac les journalistes de deux chaînes saoudiennes.

«Les militaires à la caserne»

Dimanche de nouveau, ils étaient pourtant des milliers à défiler aux cris de "Les militaires à la caserne" et "Le pouvoir au peuple", tandis que des jeunes sur des motos sillonnaient la foule, prêts à embarquer les blessés, car à chaque mobilisation les ambulances sont bloquées par les forces de sécurité.

Les militants appellent à faire de 2022 «l'année de la poursuite de la résistance», réclamant justice pour les dizaines de manifestants tués depuis le putsch, mais aussi pour les plus de 250 civils abattus lors de la «révolution» de 2019.

Cette année-là, la pression populaire forçait l'armée à démettre l'un des siens, Omar el-Béchir, après trente années de dictature militaro-islamiste.

Alors, généraux et civils s'entendaient sur un calendrier de transition qui prévoyait une remise du pouvoir tout entier aux civils avant des élections libres en 2023.

(L'essentiel/AFP)

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