Procès Luxleaks – Le soutien à Deltour et Perrin s’organise

Publié

Procès LuxleaksLe soutien à Deltour et Perrin s’organise

LUXEMBOURG - Le comité de solidarité à Antoine Deltour et Edouard Perrin, jugés fin avril pour avoir fait émerger les «Luxleaks», a présenté vendredi ses actions à venir.

Justin Turpel (à g.) et Jean-Sébastien Zippert ont justifié la création du comité de solidarité à Antoine Deltour et Edouard Perrin, à l’origine des «Luxleaks».

Justin Turpel (à g.) et Jean-Sébastien Zippert ont justifié la création du comité de solidarité à Antoine Deltour et Edouard Perrin, à l’origine des «Luxleaks».

L'essentiel

Le comité de solidarité avec Antoine Deltour et Edouard Perrin au Luxembourg a été officiellement constitué ce vendredi. Ils sont déjà près d’une cinquantaine de signataires, parmi lesquels des membres de la société civile, à avoir rejoint le mouvement. Les signataires s’engagent à apporter leur soutien aux deux Français qui seront devant la justice luxembourgeoise à partir du 26 avril, pour leur implication dans le dévoilement des «Luxleaks». Leurs contributions avaient mis au grand jour les accords fiscaux conclus par le fisc luxembourgeois pour attirer des multinationales au Grand-Duché.

Le lanceur d’alerte Antoine Deltour, ancien collaborateur du cabinet d’audit luxembourgeois PwC, «assume avoir copié des centaines de 'tax rulings', mais cela n’était pas pour vendre les documents. Il s’agissait d’ouvrir la discussion, c’est pourquoi il a contacté le consortium international de journalistes d’investigation (NDLR: le ICIJ, qui a révélé l’affaire)», a défendu Justin Turpel (ex-député déi Lénk et membre du collectif «Tax Justice Lëtzebuerg»), vendredi devant la presse.

«Pas de martyr»

Édouard Perrin, journaliste, avait révélé le «scandale» dans l’émission Cash Investigation sur France 2. «Ces poursuites judiciaires vont à l’encontre des principes basiques de la liberté de la presse. Le secret des sources ainsi que le droit d’enquêter, à plus forte raison dans le domaine des affaires financières, doivent être respectés par toutes les institutions, quelles qu’elles soient», invoquent les signataires, qui estiment que «au Luxembourg, une meilleure protection des lanceurs d’alerte, du droit à l’information et de la protection des sources de la presse, est urgente».

Après la constitution de ce comité, la deuxième action sera de relayer une pétition initiée par le comité de soutien français à Antoine Deltour, via un site Internet luxembourgeois. Enfin, le 25 ou 26 avril, une soirée d’information et de débats autour du rôle et de la protection des lanceurs d’alerte sera organisée, avec notamment l’intervention d’un membre du ICIJ. « On profite de la médiatisation du procès pour ouvrir le débat », résume Jean-Sébastien Zippert, membre du comité (coordinateur au sein de l’ASBL etika, aussi membre de «Tax Justice Lëtzebuerg»). «Ces lanceurs d’alerte se mettent en danger pour pointer un dysfonctionnement, au bénéfice de la société, poursuit-il. Quand on regarde la grande histoire des lanceurs d’alerte, on voit ces personnes tenir le rôle de martyrs. Évitons cette fois de passer par cette étape du martyr, car elle ne profitera ni à Deltour ni au Luxembourg».

(Mathieu Vacon /L’essentiel)

Ton opinion