Emploi au Luxembourg: Le système d’indexation des salaires «doit être révisé»

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Emploi au LuxembourgLe système d’indexation des salaires «doit être révisé»

LUXEMBOURG – Les partenaires sociaux évoquent des pistes pour limiter les augmentations automatiques de salaires, surtout en période d’inflation.

par
Joseph Gaulier
Selon certains, l'index permet de fidéliser les travailleurs.

Selon certains, l'index permet de fidéliser les travailleurs.

DPA

«L’indexation des salaires peut aggraver le problème de l’inflation, qui met davantage de temps à redescendre», analyse Catherine MacLeod, senior economist au bureau luxembourgeois de l’OCDE. Après les deux indexations des salaires de 2022 (dont une reportée à 2023), deux autres pourraient intervenir l’an prochain (en plus de celle décalée) et certains, à l’image de Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE, préconisent de «réviser le système d’indexation, afin de mieux tenir compte de la productivité».

Le Grand-Duché, l’un des derniers pays à disposer d’un tel outil, «est entouré de concurrents, a rappelé Mathias Cormann la semaine dernière, en présentant le rapport sur le pays. Si les salaires augmentent, cela nuit à la compétitivité». Il appelle à «se donner les moyens d’évaluer l’impact de l’index», car il sait ce sujet très sensible. Nora Back, présidente de l’OGBL, est d’ailleurs «scandalisée qu’en temps de crise et après la tripartite, l’OCDE veuille imposer sa manière de penser». Selon la syndicaliste, la volonté d’adapter l’index est «un prétexte pour le démanteler peu à peu. Ce serait le début de la fin!».

«Ce que l'on dit depuis longtemps»

Les politiciens interrogés sur le sujet marchent sur des œufs. «L’index fait partie de l’ADN du Luxembourg. Il est un garant de paix sociale et de stabilité, ce qui attire aussi les entreprises», relève Yuriko Backes (DP), ministre des Finances. La libérale rappelle les adaptations récentes, «grâce au modèle social, qui a permis de compenser un index». Un ajustement est selon elle possible, «dans une période plus calme et en concertation avec les partenaires sociaux». Son collègue de l’Économie, Franz Fayot (LSAP), rappelle que l’index «permet de pérenniser les emplois et garder l’expérience en entreprise, en fidélisant les travailleurs».

Cette recommandation de l’OCDE a trouvé une oreille attentive du côté de Michel Reckinger, président de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL). «C’est ce que l’on dit depuis longtemps», sourit-il. D’après le représentant du patronat, il n’est «pas utile d’augmenter les salaires de manière uniforme. Un employé qui gagne par exemple 3 000 euros par mois en a bien plus besoin que celui qui gagne 10 000 euros».

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