Régionales 2010 – Le temps des tractations et des tensions

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Régionales 2010Le temps des tractations et des tensions

Le PS, qui a nettement dominé le 1er tour des régionales
doit transformer l'essai dimanche prochain en réussissant ses alliances à gauche. Le parti présidentiel compte, lui, sur le réservoir des abstentionnistes.

Martine Aubry, Cécile Duflot, Jean-Marie Le Pen, Xavier Bertrand.

Martine Aubry, Cécile Duflot, Jean-Marie Le Pen, Xavier Bertrand.

D.R.

«Vote sanction», «claque», «désaveu» «débandade», la presse soulignait lundi matin quasiment à l'unisson la très nette défaite de la majorité. Le Figaro lui-même estimait que l'UMP avait «huit jours pour éviter la débâcle», en tentant d'aller puiser de nouvelles forces chez les 53,65 % d'abstentionnistes du 1er tour.

«Les Français ont envoyé un message clair et fort»

«Les Français ont envoyé un message clair et fort, ils ont exprimé leur refus d'une France divisée, angoissée et affaiblie», a déclaré dimanche soir une Martine Aubry (PS) rayonnante. Le bloc gauche (53,46%) distance en effet de 14 points le bloc droite (38,93%), selon les statistiques du ministère de l'Intérieur incluant la Guadeloupe.

Dans les 22 régions métropolitaines, le PS seul devance l'UMP et ses alliés de 3,3 points (29,48% contre 26,18%). Il arrive premier dans 13 régions, devançant parfois l'UMP de plus de 10 points, voire 19 points en Midi-Pyrénées. Seul camouflet, mais pas au bénéfice de l'UMP, le Languedoc-Roussillon où sa candidate Hélène Mandroux a été éliminé dès le 1er tour, face à un Georges Frêche triomphant.

Le temps des négociations

Le grand chelem reste toutefois incertain pour le PS, la situation étant serrée en Alsace et Corse. Le parti de Martine Aubry doit maintenant engager des négociations avec ses partenaires, notamment Europe Écologie (EE) devenu la troisième force politique du pays avec 12,47%, pour parvenir à une fusion des listes.

Le PS, en position de force, maintient le suspense, assurant que les négociations doivent avoir lieu auparavant au niveau régional, notamment entre Jean-Paul Huchon et Cécile Duflot en Ile-de-France. Des négociations sont prévues au niveau national avec un «rôle de régulation».

Des rumeurs parlaient de pourparlers toute la nuit dans un hôtel parisien, non confirmées par le PS. Le PS devrait également s'entendre avec le Front de gauche (PCF, parti de gauche), qui atteint près de 6%. Une chose est sûre, pour Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche, la «route de l'alliance pourrie de la gauche avec le centre a été coupée» lors du premier tour des régionales, le MoDem s'étant effondré à 3,6%.

«Rien n’est joué»

La majorité, qui n'a que quelques jours pour remonter la pente, veut encore y croire en comptant sur les abstentionnistes. «La faible participation ne permet pas de tirer un enseignement national de ce scrutin» et «rien n'est donc joué», a lancé dimanche soir le Premier ministre François Fillon. Message décliné sur toutes les ondes par le responsables du parti majoritaire.

Mais la droite, qui s'est présentée unie au 1er tour, contrairement à la gauche, ne dispose pas d'énormes marges de manœuvre. Elle est moralement atteinte par la situation de ses huit ministres candidats dont aucun ne semble en mesure de l'emporter. Elle devra aussi affronter une concurrence non négligeable avec un FN qui a décidé de jouer les trouble-fêtes dans 12 régions où il peut se maintenir.

Le FN, qui a obtenu dimanche 11,74%, reste «une force nationale», a prévenu son leader Jean-Marie Le Pen. L'enjeu du scrutin est la désignation pour quatre ans des 1 880 élus qui siégeront dans les conseils régionaux. Peuvent concourir au second tour les listes ayant recueilli 10%. Celles qui ont obtenu entre 5 et 10% ont jusqu'à mardi 18h00 pour fusionner avec une des listes qualifiées.

lessentiel.lu avec AFP

Résultats définitifs

li>Participation : 41,55 %

Jean-Pierre Masseret / PS : 34,36 %

Laurent Hénart / UMP : 23,77 %

Thierry Gourlot / FN : 14,87 %

Daniel Beguin / Europe Ecologie : 9,16 %

Claude Bellei / MoDem : 3,16 %

Annick Martin / MNR : 3,00 %

Philippe Leclercq / Front lorrain de gauche : 3,00 %

Jean-Claude Kaas / Alliance écologiste indépendante : 2,46 %

Jean-Luc André / Debout la Lorraine : 2,25 %

Jean-Noël Bouet / NPA : 2,24 %

Mario Rinaldi / Lutte ouvrière : 1,29 %

Victor Villa / Voix Lorraine : 0,35 %

Patrice Lefeuvre / Lorraine Générations Solidaires : 0,08 %

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