«Le temps n'a pas cours à Taxandria»

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«Le temps n'a pas cours à Taxandria»

Schuiten et Peeters sont de retour avec un album à part dans le cycle des Cités obscures.

L'essentiel: Taxandria finissant dans les Cités obscures, c'est un album à part?

Benoît Peeters: Les Cités obscures n'ont pas vraiment de frontières. Ou si elles en ont, elles peuvent être facilement reculées. C'est la raison pour laquelle nous avons voulu faire cette petite excursion à Taxandria.

François Schuiten: Taxandria, c'est un bateau échoué depuis vingt ans. Il fallait le remettre à flot. Raoul Servais, qui en a fait un film, a beaucoup souffert de cet échec.

Taxandria est une ville très singulière?

B. P.: C'est un univers dictatorial avec un pouvoir fantoche. Toute allusion au passé et au futur y est interdite, toutes les machines en sont bannies.

F. S.: C'est une ville emplie de colonnes corinthiennes et de grands palais déserts. Aimé, un enfant au crâne rasé, est notre fil rouge.

L'album s'ouvre sur des images de cataclysme. C'est votre message écologique?

B. P.: C'est un grand mot, nous n'avons pas cette prétention. Mais la BD peut être un bon véhicule pour faire passer certaines idées fortes.

F. S.: Taxandria avait cet aspect-là il y a déjà vingt ans dans toutes les images que j'avais produites. Cela parlait et cela continue à parler. Certaines idées restent intemporelles, d'autres ont une durée de vie très limitée.

«Souvenirs de l'éternel présent» n'est pas qu'une simple bande dessinée?

B. P.: C'est effectivement aussi un conte musical. Quand on la raconte, l'histoire est évidemment tout autre.F. S.: Si la sortie de la BD est un temps, l'histoire se poursuit avec le conte musical.

Quelle est la clé de votre longévité en tant que couple dans la bande dessinée?

B. P.: Nous sommes des amis d'enfance. Quand on se retrouve sur des projets, on se retrouve toujours comme si c'était hier... sur les bancs de l'école en Belgique.

F. S.: C'est un peu mystérieux ce qui nous unit. Comme tout couple, nos évolutions personnelles pourraient ne pas se répondre. Mais quand on se retrouve, ça repart naturellement.

Denis Berche

«Souvenirs de l'éternel présent». Schuiten et Peeters. Casterman.

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