Nouveaux prodiges – Le tennis russe aperçoit le bout du tunnel

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Nouveaux prodigesLe tennis russe aperçoit le bout du tunnel

Deux joueurs russes, Karen Khachanov et Daniil Medvedev, font désormais partie du top 20 masculin, marquant la résurgence de ce sport en Russie.

Karen Khachanov a créé la sensation en dominant Novak Djokovic en finale du tournoi de Bercy.

Karen Khachanov a créé la sensation en dominant Novak Djokovic en finale du tournoi de Bercy.

AFP/Anne-Christine Poujoulat

Avec Daniil Medvedev (11e) et Karen Khachanov (16e) frappant à la porte du top 10 mondial, le tennis masculin russe dispose à nouveau d'une génération capable de tutoyer les sommets. Cela faisait huit ans qu'au pays de Yevgeny Kafelnikov et de Marat Safin, aucun joueur ne faisait partie du top 20 mondial, seul le vieillissant Mikhaïl Youzhny s'y incrustant brièvement en 2013. Khachanov et Medvedev, 22 ans tous les deux, amis dans la vie, ont chacun gagné trois tournois ATP cette saison. Et ces deux-là ne sont pas seuls: le talentueux Andrey Rublev, 21 ans, est redescendu sous la 50e place après une saison gâchée par les blessures.

«En toute logique, cette génération est capable de surpasser les résultats de Kafelnikov ou de Safin», a assuré au quotidien Kommersant le président de la Fédération russe de tennis, Chamil Tarpichtchev. Selon lui, le plus en avance du trio est Karen Khachanov: «Aujourd'hui, c'est un joueur de tennis bien formé à pratiquement tous les égards». Ce gros serveur, grand (1,98 m) et costaud, ne cesse d'être comparé à Marat Safin, son idole d'enfance. Et sa notoriété dépasse le cadre du tennis. Sa victoire à domicile à Moscou en octobre ajoutée à son flegme ont valu à Khachanov de devenir la coqueluche des médias russes.

Formés à l'étranger

Avec son physique dégingandé et ses coups de génie, Daniil Medvedev est l'autre chef de file de la nouvelle génération russe. S'il n'a pas signé de grand coup d'éclat, le natif de Moscou a remporté trois titres en 2018, dont un ATP 500 à Tokyo, début octobre. «Il n'est pas encore formé, à la fois physiquement et psychologiquement. Mais même maintenant, il est dans les 20 premiers mondiaux. On peut seulement supposer de sa force quand il aura fini sa formation», sourit Chamil Tarpichtchev.

Paradoxalement, le succès du tennis russe doit très peu à la Russie. Alors que le tennis reste un des sports les plus populaires du pays depuis la chute de l'URSS, les moyens de la Fédération sont dérisoires et la nouvelle génération a dû, comme les précédentes, s'exiler pour progresser. Karen Khachanov est parti dès ses 15 ans en Croatie. Quant à Daniil Medvedev, il a fallu qu'il s'exile en France pour voir ses résultats décoller. La situation est identique chez les femmes: la nouvelle numéro un russe Daria Kasatkina, 21 ans et 10e mondiale, a dû quitter sa ville natale de Togliatti à 15 ans pour rejoindre une académie slovaque.

(L'essentiel/afp)

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