En trente ans – Le trafic multiplié par huit à la Croix de Gasperich

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En trente ansLe trafic multiplié par huit à la Croix de Gasperich

LUXEMBOURG - De l'explosion du nombre de voitures sur les routes du pays il sera aussi question lors du débat organisé à la Chambre des députés, autour de la question de l'aménagement du territoire, le 19 mars prochain.

«Le pays s’est trop développé de façon autonome, ça a fait beaucoup de dégâts, des régions se sont développées beaucoup plus vite que prévu», regrette Josée Lorsché (Déi Greng), présidente de la commission parlementaire Développement durable. Elle participait mercredi matin à une grande réunion durant laquelle François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures (Déi Gréng) a présenté le rapport sur lequel s’appuiera le débat de consultation organisée à la Chambre, le 19 mars prochain, concernant l’aménagement du territoire.

Un aménagement du territoire qu’il est urgent de rendre juridiquement applicable tant le Luxembourg a évolué en très peu de temps. Ainsi, le Grand-Duché a vu sa population augmenter de 50% en trente ans, passant de 365 000 à 550 000 habitants. Une hausse qui n’est pas sans conséquence sur le paysage luxembourgeois: il a fallu construire des logements à tour de bras. Entre 1970 et 2013, la consommation foncière atteignait ainsi deux hectares par jour soit 730 hectares par an. Dans un scénario de «laisser faire», indique le rapport, la superficie restante du territoire luxembourgeois, hors forêts, serait consommée en 183 années.

340 000 frontaliers à l’horizon 2060

Tout ceci s’est naturellement accompagné d’une croissance de l’emploi exceptionnelle (+2,8% chaque année entre 2003 et 2013 soit quatre fois plus qu’en Allemagne et neuf fois plus qu’en France). Résultat, le Luxembourg comptait, en 2013, environ 1 536 emplois pour 1 000 habitants actifs: le pays doit donc faire appel de plus en plus à de la main-d’œuvre extérieure. Les frontaliers n’étaient que 56 100 en 1995, ils étaient 163 400 en 2013 et ils seront aux alentours de 340 000 à l’horizon 2060 selon les projections du Statec.

Les fonctions «habiter» et «travailler» sont, de fait, aujourd’hui, éloignées et si dans les pays développés, une personne met en moyenne 30 minutes pour arriver à son travail, au Luxembourg, il lui faut compter au moins une heure. Une problématique qu’il est facile de mesurer, Croix de Gasperich par exemple. Ce carrefour sensible ne voyait passer que 11 000 véhicules par jour en 1985, il en passe aujourd’hui jusqu’à près de huit fois plus (90 000) les jours de pointe. De même, à la gare centrale, alors que le nombre de montées et de descentes comptabilisées par les CFL avoisinaient les 50 000 en 2010, elles sont aujourd’hui au-delà des 60 000 avec une concentration le matin et le soir.

Il est donc urgent d’agir et de réajuster le tir: au début des années 2000, le Luxembourg avait adossé sa politique d’aménagement du territoire sur le concept IVL (Integratives Verkehrs- und Landesentwicklungskonzept) qui tablait sur 395 000 emplois et 561 000 habitants à l’horizon 2020. Le Statec comptait déjà 398 000 emplois en octobre 2014 et 550 000 habitants…

(Marion Chevrier/L'essentiel)

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