Coronavirus – Le transport du vaccin s’organise en Allemagne

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CoronavirusLe transport du vaccin s’organise en Allemagne

L’aéroport de Francfort, en Allemagne, se prépare à être la plus grande plaque tournante européenne du transport du futur vaccin contre le coronavirus.

Un cargo transportant des doses de vaccin sur le tarmac de l’aéroport de Francfort, le 25 novembre 2020.

Un cargo transportant des doses de vaccin sur le tarmac de l’aéroport de Francfort, le 25 novembre 2020.

AFP

«Le stress monte à présent qu’on entre dans la phase chaude» des préparatifs de la distribution, explique Karin Krestan, responsable du centre pharmaceutique de la compagnie de fret Lufthansa Cargo. Une fois approuvée par les autorités, une partie des millions de vaccins contre le Covid-19 passeront par ici: la plus grande plaque tournante européenne du transport pharmaceutique à l’aéroport de Francfort en Allemagne pour ce qui s’annonce comme une campagne mondiale de vaccination sans précédent dans l’histoire humaine.

Au total, le site possède 12 000 m2 climatisés réservés à ce type de produits et y a traité 120 000 tonnes de cargaison l’année passée. «Nous avons commencé de discuter au printemps de la manière de transporter au mieux les vaccins» contre le nouveau coronavirus, souligne Max Philipp Conrady, responsable fret chez Fraport, l’opérateur du premier aéroport allemand. «Nous étions prêts en août», ajoute-t-il.

Derrière lui sur le tarmac, sous le ciel gris d’une fin novembre, des dizaines d’employés en gilet jaune déchargent à toute vitesse un Boeing 777 venu de Séoul. Alors que la pandémie a entraîné une chute sans précédent des vols passagers, le transport cargo a continué à être mis à contribution pour acheminer des équipements de protection et assurer les chaînes d’approvisionnement. Il va devenir bientôt crucial pour les campagnes de vaccination.

Températures glaciales

Le «Cargo Cool Center» de Lufthansa dispose à lui seul de 8 000 m2 pour les produits pharmaceutiques. Chaque jour, des tonnes de médicaments transitent déjà ici, sur des palettes ou dans des containers sous le bruit constant de la ventilation. «Les processus sont établis», affirme Karin Krestan, une ancienne infirmière, «on se sent bien préparés».

Dans une des pièces, réglée à 5 degrés, des vaccins contre la rougeole sont prêts à s’envoler. 2 000 m2 sont disponibles à ces températures, a priori pour des vaccins de conception traditionnelle contre le Covid-19. Mais certains vaccins en préparation, comme celui des laboratoires allemand BioNTech et américain Pfizer, bien placé pour être autorisé dès décembre, doivent être transportés à -70 degrés.

«Nous travaillons 24 heures sur 24»

Ces températures glaciales s’obtiennent à l’intérieur de containers spéciaux grâce à des blocs de glace carbonique, du CO2 en forme solide avec une température de -78,9 degrés. Ainsi emballées, les doses peuvent être gardées à température constante en transit pendant une centaine d’heures avant de devoir recharger la batterie et le compartiment de glace, explique Karin Krestan.

L’effet vaccin se répercute d’ailleurs jusqu’aux producteurs de congélateurs spécialisés, comme l’allemand Binder. L’entreprise, un des leaders du marché, a d’abord fourni les laboratoires, puis la logistique et travaille désormais avec les autorités pour équiper les centres de vaccination. «Nous travaillons 24 heures sur 24, nous recrutons des employés», explique Anne Lenze, chargée de la communication.

15 000 vols

Selon les simulations internes, l’aéroport de Francfort peut gérer en parallèle cinq avions transportant des produits pharmaceutiques, grâce à deux remorques réfrigérées supplémentaires. Car au-delà des températures, le volume exceptionnel de vaccin programmé représente «le plus grand défi jamais affronté» pour le secteur selon l’Association internationale du transport aérien (Iata).

Une dose de vaccin par personne sur terre remplirait l’équivalent de 8 000 gros-porteurs cargo. Mais plus la réfrigération est importante, moins un avion peut en transporter. Une étude du cabinet McKinsey pour le géant logistique DHL estime ainsi que 15 000 vols seront nécessaires en deux ans pour transporter 10 milliards de doses.

(L'essentiel/afp)

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